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mercredi 12 septembre 2018

De l'autre côté du mur #7 - la vie dans les bois

Laheema - Estonie

Deux jours dans une petite maison en bois, perdue dans les bois et pourtant à 100m de la mer baltique
Une petite maison deconnectée, sauf au vent dans les arbres.
C'est sauna attenant à la salle de bains. Systématiquement.
Un jour de bruine, de gris et de frais nous l'avons allumé.
Notre sauna à nous, dans notre maison dans les bois.
Art de vivre à la scandinave.
Les Estoniens sont des scandinaves, les Lettons des slaves. Tout se joue avec le sauna!

Quand nous sommes partis, la dame qui vit dans les bois, nous a dit "see you and if we will never see again, have a good life".

C'est la même dame des bois qui
  • construit une nouvelle maison en bois à côté de la sienne, 
  • a grandi avec l'URSS, dont le grand-père est mort déporté en Sibérie (every family 's got one, ie : quelqu'un mort déporté en Sibérie)
  • sait faire beaucoup de choses parce qu'au temps de l'URSS, "il n'y avait rien, mais on ne manquait pas, car on faisait tout nous mêmes : réparer sa voiture, construire sa maison, élever ses lapins, chasser dans les bois, cultiver son jardin... et on connaît toujours quelqu'un qui connait quelqu'un qui sait faire"


samedi 25 août 2018

De l'autre côté du mur #6 - Beurre sur toutes les tables

Beurre sur toutes les tables - Pub soviétique
Comme les soviétiques n'en étaient pas à une contradiction près, il y a des publicités pour des produits qui ne sont pas disponibles en magasin. Avec variations de couleur et nuance du message, le tout dans une grande homogénéité du visuel.
Ah, pardon, ça s'appelle de la propagande.

Tout le monde aime le fromage - Pub soviétique

















De l'autre côté du mur #5 - Tallinn


Tallinn
Tallinn est une capitale à portée de pas.
L'Estonie est un pays tout petit, à notre échelle.

Ville du moyen-âge, riche du commerce hanseatique, elle est bien entretenue, plaisante, vivante.
Envahie par les hordes qui descendent des gros bateaux de croisières. A certaines heures, elle est indigeste et insupportable.
On a en compté 8, de ces gros bateaux ce jour là, qui stationnaient dans la baie.
Pour 6000 passagers à chaque fois, c'est 50 000 personnes qui se déversent dans la petite capitale.
Noyés dans des flots d'italiens, puis bousculés par des chinois et heurtés par des allemands, on a cru devenir dingues, impolis presque violents. Submergés et dégoûtés du tourisme de masse, auquel nous appartenons aussi à ce moment là.

Nous avons refait notre balade le soir, la ville nous appartenait à ce moment là, reconciliation immediate avec la beauté des lieux, l'esprit slave et le côté suranné des rues. A user de nouveau nos semelles et nous tordre les chevilles sur les pavés médiévaux.
On a évité le musée de l'occupation er la visite de l'ancien site du KGB (vus déjà à Riga), mais épuisé chaque facade de Guildes, chaque histoire de bâtiment, goûté au Marzipan et bu la bière de la micro brasserie.

Dans la ville de la gastronomie slave et du renouveau culinaire estonien, on s'est fait trois soirées de junk food, coincés entre le manque d'envie de chercher un restaurant, la lassitude de préparer le repas et l'envie de donner une leçon aux iTeenagers qui ont fini par réclamer des légumes!

Bouée (Buoy) sur le lac qui fait frontière avec la Russie
Superbe musée maritime : qui eu cru que je dirai ça un jour! Moi qui n'ai pas le pied marin et qui ai mal au coeur dès que ça tangue? Lennusadam Seaplane harbour. Dans d'anciens hangars pour hydravions.
Une mise en scène étonnante à la fois thématique et historique de ce qui touche à la baie de Tallinn, à l'histoire maritime et à la guerre. Fascination de mes iGars pour les armes, ils ne sont pas les seuls, tous les hommes en visite aussi. Toutes sortes d'engins de guerre  - du tank au missile sol-air ou sol-mer - étaient présentés, installés et pouvaient étre manipulés.
Mais aussi des ice-boats, et des brise-glaces... et un peu d'histoire d'occupation aussi. C'est toute leur histoire du siècle passée.

"Lait pour tous"  - Pub soviétique



Puis enfin le Kumu : le musée d'art moderne à l'autre bout de la ville.
Après le palais de la Grande Catherine, il faut passer le palais présidentiel - pas de gardes, peu de voitures, absence totale de tralala - on découvre ce bâtiment moderne, comparé dnas les guides à notre Beaubourg Parisien.
Une expo contemporaine sur le thème Archéologie de l'écran, inintéressant, le sens nous a échappé.
En revanche, tout un étage fascinant sur l'art sous l'occupation soviétique. Comment créer, s'exprimer, produire en restant libre sous la censure?
Rien à voir avec ce que font les artistes chinois (qui sont eux pour le coup perdus pour la cause artistique), un vrai sens caché par moment il me semble.





jeudi 9 août 2018

De l'autre côté du mur #4

Ile de Saarema - Estonie
De l'autre côté du mur, on remplit notre frigo avec des baies : des grosses myrtilles, des petites myrtilles (qui n'ont pas le même nom), des framboises et des harengs.
De l'autre côté du mur, les plages sont vides, le sable est fin, la mer est plate et chaude.
De l'autre côté du mur, on peut manger à toute heure dans les cafés et les restaurants, et faire ses courses qu'à 22h
De l'autre côté du mur, le pain est noir, avec un léger goût de réglisse, les cornichons sont doux presque salés,
De l'autre côté du mur, on conduit avec les feux même le jour.
De l'autre côté du mur, on ne sait pas lire, on ne peut rien deviner à ce qui est écrit.
De l'autre côté du mur, tout est traduit en russe, partout, tout le temps.
De l'autre côté du mur, il y a aussi des moustiques.

mardi 7 août 2018

De l'autre côté du Mur#3

Parc de Sooma

Bog pool - for swimming
Aujourd'hui, baignade dans les tourbières.
L'eau est noire, le fond n'est pas visible.
Pas d'algues, pas de d'organismes vivants
La peau a une couleur jaunâtre pendant la nage
Pas pied, et on n'ose pas aller toucher le fond.

Boardwalk for walking
On se baigne tout nu, évidemment
On n'a prévu ni maillots de bain, ni serviette
Personne aux allant-tours, ni vus ni connus
Un rayon de soleil nous sèche ensuite.

La peau toute douce avec le pH légèrement acide
Revigorant, et troublant de se tremper là.



lundi 6 août 2018

De l'autre côté du Mur #2

En allant vers la Baltique, vue d'Estonie
Parnu

La mer baltique est noire!


Sombre
Et plane.

















Parnu



Charmante dans le soleil couchant
Elle cherche à attirer le chaland
Avec ses bancs à disposition 
Histoire de s'assoir
Regarder et profiter.




La Baltique - côté Lettonie

De l'autre côté du mur #1

Café à Riga

Pays baltes.
"Pourquoi cette destination?" nous a-t-on demandé maintes fois?
Parce qu'on ne connait pas.
Parce que je ne sais rien de ces pays, je les melange allègrement.
Je n'ai aucune image ni de villes, ni de paysages, ni d'éléments de culture. 
Aucun imaginaire associé, juste quelques stéréotypes de maffieux russes.

On commence par Riga, capitale de la Lettonie.
Moins de 3 heures de vol. Mais de l'autre côté du mur.
Je suis née avec la RDA, j'ai connu les CCCP sur le dos des gymnastes aux JO,  j'ai appris les pays satellites, et si je n'étais pas née au Printemps de Prague j'ai été  fascinée par Vaclav Havel ce poète qui a détricoté la Tchécoslovaquie dans le calme.

De l'autre côté du Mur, aujourd'hui, ça ressemble à chez nous. On y paie en euros, notre carte bancaire marche partout, y compris sans contact.
Et le voyage commence sous de bons auspices "ma valise sort en premier!" crie notre dernier près du tapis bagage à l'aéroport!.

Notre hôtel est au fond d'une cour, sur les 4 derniers étages d'un immeuble qui en compte 7. L'ascenseur ne monte que jusqu'au 5ème, le reste se fait pied. Hauteur sous plafond toute soviétique, croire qu'ils ne payaient pas le chauffage. L'hôtel est censé être Art nouveau. C'est un mélange entre soviétique et Art Nouveau : des couloirs interminables, des grands espaces collectifs inutilisés (voire inutiles?).
Notre chambre (catégorie Luxe) est très chouette : grande, dotée d'un jaccuzzi, avec un balcon et une belle vue sur la ligne des clochers et autres toits de la ville.






On déjeune à l'abri la pluie sur une terrasse de restaurant. Service nonchalant et efficace (est-ce possible?), mais surtout repas excellent et si peu cher! Filets de harengs, soupe de poisson, dessert copieux et cuisinés. L'endroit est chouette, la clientèle aisée entre banchée et installée, le moment agréable.
Longue promenade dans la ville, sans grande stratégie touristique. des terrasses de cafés accueillantes fleuries, cosy, arty, bondées, bruyantes... autant de choix selon nos humeurs, nous tendent les bras à chaque coin de rue.
La rue Art Nouveau à la hauteur de sa réputation : les façades se suivent et ne se ressemblent pas.
On croise nos stéréotypes  : des hommes patibulaires, âgés, baraqués, certains tatoués, accompagnés de jeunes femmes, blondes aux ongles roses dans d'énormes SUV noirs... On coche la case "maffieux russes". 
Deux langues se côtoient à nos oreilles : des sons qu'on ne reconnait pas, le letton, et le russe, plus familier.


Le petit-déj de notre hotel est excellent et pléthorique : des harengs marinés aux pancakes à la mode lettone (probablement cuits dans du saindoux), en passant par toutes les variantes de charcuterie, de fromages aigre-doux et de pickles.

Le 2ème jour est une visite systématique de la vielle ville et de ses façades moyenâgeuses, et de TOUTES les églises. Visiter les églises un dimanche matin a l'avantage de les voir remplies de leurs pratiquants. L'église orthodoxe est la plus stricte: j'emprunte la casquette d'un de mes fils pour me couvrir la tete et mon iFille en short reste dehors. En plein office, les gens sont debout en rond, beaucoup de femmes, jeunes et des enfants. Ils se signent trois fois en sortant. Tout ceci reflète une grande ferveur, avec moins de formalisme que dans nos cérémonies catholiques;

Puis les musées du jour : l'ancien ghetto juif et la déportation, le musée de l'occupation, et le lendemain le bâtiment de l'ancien KGB. Un voyage très gai et léger.
Un vrai travail de mémoire et d'histoire a été fait, rassembler les informations, collectés les détails de vie, les noms, les dates, les lieux. Aucune mise en scène pour en faire un musée. 
Ce pays n'a connu au 20eme siècle que l'occupation soit nazi soit russe. Choisir entre la peste et le choléra. A peine indépendant au debut du 20eme de l'Allemagne elle se retrouve sous le joug des bolcheviques, puis "libéré" par les Nazis en 1941 et à la libération de nouveau sous la coupe de l'URSS jusqu'en 1991.
Plusieurs générations qui ne savent pas à quels saints se vouer... Qui croire? Que penser? Surtout quand on est coupé du monde.

Entre les deux, pour supporter le lot des atrocités : pique nique au marché couvert, où on achète en désignant du doigt, nous sommes incapable de lire ou deviner le letton. Des zakouskis à la pomme de terre (très légers!), aux épinards, aux lard, de la choucroute froide, des carottes en saumure et des gros cornichons aigre doux. On trouve du "hamp butter", gouté hier au restau - un régal -  et du pain dense avec des graines de chanvre, tout aussi délicieux.
Pause dans la thea house d'un parc et bière dans un café branché. N'oublions pas que ce sont les vacances.

Le ciel éclate le soir. Eclairs et tonnerre, déchainement des éléments, rides de pluie que nous regardons depuis notre balcon, avec delectation.