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vendredi 23 décembre 2016

Le problème avec les rétroviseurs rétractables

Musée Maillol - beautés dodues
Il était une fois... ou plutôt un matin, où j'avais (plus) le temps, et j'ai donc mis mes lentilles de contact au lieu de juste glisser mes lunettes sur le nez.
Et comme j'avais vraiment le temps, j'ai aussi mis du mascara.Ne lésinons pas : j'avais rendez vous chez un (potentiel) nouveau client.
J'avais vraiment envie d'avoir du temps et il faisait vraiment froid, j'ai donc opté pour le métro et de la marche à pied au lieu du scooter.
Quelle bonne idée.

Mes yeux ont pleuré le froid piquant du 21 décembre.
Je les ai essuyés négligemment avec le dos de ma main et j'ai poursuivi ma route.
Jusqu'à ce que je me vois dans le reflet de la vitre de la ligne 1. 
J'ai vu les grandes cernes noires sous les yeux, et une trace très nette de la larme sur ma joue, dans un noir équilibré et constant.
Une catastrophe.

Comme je ne suis pas tout à fait une vraie nana avec dans son sac : un miroir, des lingettes démaquillantes, et une trousse de maquillage de secours, j'ai fait comme j'ai pu, c'est à dire avec un vieux kleenex qui trainait au fond du sac.
Pas de miroir dans le métro.
Pas de voiture en bas des Champs Elysées.
Pas le droit de se garer dans la rue de Matignon, ni même de marcher le long du trottoir en ces temps de Vigipirate. On doit faire le détour par la suivante (la rue du Cirque).
Comme se sont les beaux quartiers, que des belles voitures, des grosses berlines, des 4x4 récents ... avec des rétroviseurs rétractables. Argh.
Un peu plus haut dans la rue, presque quand on atteint le faubourg Saint Honoré, il y a un parking pour scooters. 
Vive les deux roues. 
Mes amis, solidaires en deux roues, solidaires jusqu'au bout. 
Les rétroviseurs sont en libre service.

Sous l'oeil circonspect d'un militaire en garde derrière les jardins de l'Elysée, 
j'ai pu constater les dégâts du mascara 
et avec mon vieux kleenex et un peu de salive (McGiver au féminin) j'ai nettoyé la marée noire.





lundi 9 mars 2015

Nouveaux temps d' iAttente


C'est arrivé aujourd'hui par SMS, de là où ils se lèvent tôt
Finalement en Chine, ils se mettent aussi aux toilettes à l'occidental, pour naviguer sur son iDevice, il vaut mieux être assis.  



samedi 27 décembre 2014

En voie de disparition

Cité U, octobre 2014
Un jour, nous serons nous aussi en voie de disparition.
Comme ces objets qui ont ponctué notre vie jusqu'à l'arrivée des mobiles
Puis des smartphones, bien que nous soyons bien moins smart que tous nos phones réunis
Que restent-ils des conversations qui s'interrompaient parce qu'on n'avait plus de monnaie?
Du (16) pour appeler en province?
De "toutes nos lignes sont occupées, veillez rappeler ultérieurement"?

Moi j'aimais le dring de la sonnerie du téléphone à cadran.
L'evenement était rare et prometteur.
Aujourd'hui si je ne reconnais pas le numéro je ne réponds pas
Et j'écoute peu ma messagerie.
Je reçois des voeux par SMS, les rappels de rendez vous du médecin et les propos d'Habitat pour le black friday.
Rien de très romanesque, je le crains.


jeudi 4 septembre 2014

Ni Dieu, Ni Maître, Ni smartphone #2



"Je n'ai pas de téléphone portable, car je trouve d'une insondable goujaterie d'appeler quelqu'un sans lui en demander préalablement l'autorisation par voie de courrier. Je refuse de répondre au "drelin" du premier venu. Les gens sont si pressés de briser nos silences... J'aime Degas, lançant "c'est donc cela le téléphone? On vous sonne et vous accourez comme un domestique". Les sonneries sectionnent le flux du temps; massacrent la page de la durée, hachent les journées, comme le couteau de cuisine le concombre japonais".

Sylvain Tesson - S'abandonner à Vivre


J'aime le mélange de Degas, de la cuisine japonaise et du téléphone portable.

Que serions nous sans nos iDevices? Comment faisions nous avant?
Je dois avouer qu'en vacances à l'étranger je mets quelques jours à m'en passer, pour finalement l'oublier en mode avion au fond de mon sac. Et que j'ADORE recevoir des SMS (débiles) de ma fille, et des photos de ma soeur, et des clins d'oeil des copains. De là à faire de l'outil instantané une connexion décalée, il n'y a qu'un pas.

mercredi 5 février 2014

Comment je me suis disputée...(ma vie sans Facebook)



Facebook a 10 ans,
 et moi toujours pas de page Facebook.

Ce n’est pas vraiment étonnant j’ai toujours été un peu « has been », réfractaire au progrès. J’ai eu un téléphone portable bien après tout le monde alors que je travaillais chez SFR, j’ai découvert les séries américaines en 2010 alors que Sexe and the City, Six Feet Under et One Tree Hill étaient déjà terminées.

Les utilisateurs de Facebook vieillissent : les jeunes s’en vont sur d’autres réseaux dont j’ai déjà oublié le nom, au profit d’utilisateurs de 55 ans et plus. Je vais donc attendre encore 10 ans pour commencer à réfléchir à la potentialité d’un compte personnel. Je serai alors dans la cible.

Moi, j’ai un blog. Et je ne réseaute avec personne.
C’est mon côté autoritaire qui prend le dessus. Je ne dialogue pas, je dis ce que je pense. 
Qui m’aime (ou pas d’ailleurs) me lise, les autres changent de page.
Il y a une forme d’arbitraire, j’assume. La contradiction se fera ailleurs, en dehors de l’espace virtuel, dans le réel pour le coup, et c’est d’ailleurs bien plus agréable.

Quelle est la différence avec Facebook ?
On y parle de soi pareillement. Mais on ne fait pas croire qu’on s’intéresse aux autres, tout en assumant mal une forme curiosité pas toujours bien intentionnée.

Avec mon blog, je n’ai pas retrouvé mes copains d’avant, je ne parle pas avec des stars comme si c’était des potes, et je ne discute pas de faits de société sur des murs bien pensants (pour ou contre le bijoutier de Nice ?)

Je parle de moi, de mes humeurs, egocentrique, égocentrée. Je prends position sur mes positions, et c’est déjà pas mal.
Je préfère parfois un bon mot à la justesse du propos et je déforme la vérité pour que la phrase sonne mieux. Je n’hésite pas à grossir le trait même si j’en prends pour mon grade (ou celui de mon iMari). Je n’en sors pas toujours grandi, mais j’y prends plaisir et vous aussi apparemment.
Pas de selfie, ni de felfie, ni de like, mais nos photos pris sur le vif (ou pas).

« 10 ans, ce réseau qui a changé nos vies » titre les Inrocks.
Il y a 10 ans, nous avons eu notre fille, et ça, ça a changé notre vie. Vraiment. Bien plus que Facebook dont à l’époque je n’avais même jamais entendu parlé. Et comme il y a eu après Facebook, les Instagram et les tumblr, chez nous aussi il y a eu une suite (et même deux) qui ont marqué nos vies, chacun à leur manière.

Aussi j’ai du mal à croire au phénomène révolutionnaire du réseau social.

Et pourtant, je me dois d’être honnête : Facebook a réellement eu un impact sur ma vie. Ceux qui me lisent depuis longtemps se rappellent sans doute de cet épisode de ma vie d’expatriée.
Ceux qui y étaient s’en souviennent. Mon hôtesse me dit qu’elle pense à moi chaque fois que tous ses invités restent jusqu’à la fin du repas, et son mari ne veut plus m’avoir à table. Quant à l’autre couple invité ce soir-là, ils ne font plus partie de nos amis (ni même de notre réseau social).

Le repas était excellent (ce détail est important) mais la conversation était pourrie, lancinante, bien pensante,… bref chiante. Et en même tant que l’hôtesse a demandé « qui veut du fromage ? » et que l’autre a dit « moi sur ma page Facebook… » . Je me suis levée et je suis partie.

J’ai bien réfléchi, j’ai fait toute l’introspection nécessaire depuis, et je sais que ce n’est pas le mot "fromage" qui m’a fait réagir.
En psy, on appelle ça un ancrage : il s’agit d’une réaction incontrôlée à un stimuli bien précis.

Et bien moi, Facebook me fait rater le dessert.


samedi 14 décembre 2013

Ni Dieu, ni maitre, ni smartphone


Cette affiche m’a arrêtée : au propre et au figuré.
Au propre, concrètement j’ai fait demi tour, j’ai sorti mon téléphone de ma poche et j’ai pris la photo. Incroyable. A croire que mon iMari m’influence, que je deviens mon imari, je deviens un iPouse.
 C’est vrai, avouons le, que j’ai récupéré son iPhone. Oui je sais, c’est bien celui que j’ai tant décrié l’année dernière. Mais moi c’est pour raisons PROFESSIONNELLES.
Je travaille moi avec mon téléphone : je harcèle mes clients, je donne des ordres à mes collègues, je gère ma baby sitter, j’envoie du boulot, des messages, des engueulades, des compliments, des moqueries,… depuis mon lit, en faisant la queue à la Poste, entre deux trajets aux activités extra-scolaires, pendant que je me lave les dents,…et aussi de temps en temps je téléphone.
Tandis que le imari lui, il ne téléphone, pas, ne travaille pas avec, ne lit pas les iMails et régulièrement ne reçoit pas mes iMessages.
Alors il fait quoi me direz vous ? Il lit les nouvelles. J’ai le iMari le mieux informé de l’actualité (économique, c’est ciblé comme lecture).
Ce qu’on en fait dans le vie quotidienne et familiale ? Je ne sais pas encore trop, mais il est addicted. Altantico, Les Echos, le Tribune, Le Monde, sont consultés plusieurs fois par jour (voire par heure), dès qu’il a un insant en fait. Et comme il va passer à la 4G, il va pouvoir en consulter 4 fois plus.

Et au figuré.
Nos Smartphones sont en effet nos nouveaux Dieu et Maitre. L’un ou l’autre ou les deux à la fois.
On ne peut plus s’en passer, ne serait-ce que pour s’habiller le matin, on regarde la météo. Qui ne consulte pas ses mails dès qu’il a un instant ?
On lance une alerte « find my iPhone » dès qu’il est au delà de notre regard, plus souvent qu’on ne chante « Jésus est là , Jesus revient ». Il nous siffle bien mieux que n’importe quelle figure d’autorité de toute notre vie. Et bien souvent nous sommes « bien moins smart que nos phones ». 

Quelques mètres plus loin dans la rue où j’ai pris cette photo, je marchais en y pensant encore, et je suis passé devant le campement d’un SDF, son barda était installé dans un renfoncement de mur, à moitié sur le trottoir, un matelas, des sacs en vrac, des boites de conserves à moitié mangées….
Lui même était en train de faire ses besoins (excrémenter, chier, faire caca,…choisir son registre) en pleine rue, alors que des passants passaient (c’est une pléonasme). Il était vieux, maigre et ne tenait pas bien sur ses jambes. Il n’arrivait pas à se baisser non plus. Ses excréments sont restés sur le capot de la voiture garée devant « chez lui ».
J’imagine la tête du gars quand il va reprendre sa voiture. Va-t-il sortir son Iphone pour prendre la chose en photo ? Preuve de l’infamie qui lui a été faite ?
Ca ne m’a pas fait rire, j’y pensé longtemps encore longtemps après. A aucun moment il ne m’est venu à l’idée de prendre ça en photo.


Comme quoi, la vraie vie n’est pas dans nos iPhones…

dimanche 10 juin 2012

Mon iMari parle à son iPhone





Pour Noël, mon Homme qui «  a des goûts simples » selon ses dires, a eu un iPhone 4S. Pour les ignorants ou les allergiques Apple, c’est la dernière génération d’ iPhones avec un super logiciel de reconnaissance vocale. 
L’avancée technologique est là : désormais vous ne serez plus jamais seul, vous pourrez toujours parler à votre iPhone
… et il vous répond !.
Mon Homme a donc trouvé à qui parler,
Et surtout des réponses politiquement correctes entre obéissance et soumission, rien qui ne le bouscule ou le dérange.
Tout le contraire de moi, sa femme.
Je pourrai positiver sur cette invention géniale, il y a mille avantages au quotidien.
Le premier est que cet engin merveilleux fait plein de choses à ma place (et mieux que moi).
Exemple : mon Homme lui dit la veille « rappelle-moi d’appeler ma mère demain à 9h ». Et la machine merveilleuse s’exécute. 
Cela m’évite un SMS, qui ne serait pas aussi neutre, voire même un peu sarcastique. 
Il lui synchronise aussi tous les emplois du temps : mon calendrier, celui des enfants, de la famille…. Et lui rappelle les évènements importants comme aller chercher le panier de légumes le mardi soir, le spectacle prévu dans un mois. Il ne réserve pas encore la baby-sitter tout seul ou prépare le repas avec les légumes qu’il a rappelé d’aller chercher, mais je ne doute pas que dans une prochaine version il nous épargnera tout cela. Cela s’appelle l’intégration des services.
Cet iPhone est très intelligent, il sait même le nom de mon Homme et se permet parfois de l’appeler par son prénom. La première fois que le iDevice a parlé en disant « TOI » j’ai vu la tête de mon iMari à croire qu’il avait vu un fantôme.
Rappelons ici que lors qu’on déclare un compte Apple on donne son nom et son prénom… Alors il n’est pas bien difficile ensuite, pour une machine de l’utiliser.
C’est dit, c’est simple, soyons pragamtqiue, démystifions l’objet. 
Mon fils assez pragmatique aussi lui a demandé quelle était sa couleur préférée. C’est une question essentielle dans le référentiel de mon fils. Malheureusement la machine très polie, vaguement déçue lui a répondu qu’elle ne savait pas répondre à cette question. 
En conséquence elle est devenue beaucoup moins intéressante pour lui. 
Avis : quelqu’un qui ne sait pas sa couleur (son plat, son T shirt, son doudou…) préféré n’est pas vraiment digne d’intérêt.
Mais mon homme reste subjugué, il est devant son iDevice comme une petite fille devant sa poupée qui parle, qui ferme les yeux quand on l’allonge et qui fait pipi. Et le téléphone en fait moins que ça.
Toujours, inlassablement il poursuit ses investigations sur ce que peut faire cette machine, jusqu’où il peut lui demander de lui simplifier la vie.
Moi je trouve ce téléphone un peu limité. Tom l’a oublié plusieurs fois à la maison : comment se fait-il que cette machine qui lui est si soumise et si inféodée ne lui a pas rappelé de ne pas l’oublier en partant ?
Parce qu’alors sans béquille technologique mon iMari n’est plus grand chose. 
Plus possible de faire les courses, la liste est dessus. 
Plus possible d’écouter de la musique, ses morceaux y sont. 
Coupé du monde, tous ses blogs d’actualités et d’infos y sont. Plus possible de faire quoi que soit son agenda y est consigné…
Sans son iPhone mon iMari redevient un mari, c’est à dire un homme. Et on sait toutes qu’un mari, si on ne lui rappelle pas de sortir les poubelles il ne voit pas qu’elles débordent.
Des apps utiles seraient de celles qui utilisent l’appareil photo quand l’ iMari passe devant la poubelle, le compare à un niveau acceptable et en cas de débordement lui rappelle gentiment de la sortir. 
Je passerai moins pour une mégère.
Une apps géniale lui ferait acheter des fleurs de temps en temps, sur un mode aléatoire, pas tous les derniers vendredis du mois (trop facile et déjà programmable dans iCal).
Je passerai moins pour une grincheuse.
Une apps utile prendrait rendez-vous avec l’ophtalmo pour Hector et le pédiatre pour Germain (et organiserait nos emplois du temps pour les y emmener bien sûr), choisirait les cadeaux d’anniversaire des copains des enfants, et répèterait régulièrement : rangez vos chambres, mettez vos serviettes à sécher en sortant du bain…
Je passerai moins pour une rabat joie.
Mon imari me dit que je suis jalouse. Que moi aussi j’aimerai avoir un iPhone 4S.
Oui. 
Sûrement.
Mais moi je ne veux pas qu’il m’appelle par mon prénom. Au pire, il me dit « Madame », au mieux, il ne m’adresse pas la parole. On me parle trop dans la journée. J’ai besoin de calme et de silence, pas d’une pipelette de plus .
Je n’ai pas besoin de la météo des 7 prochains jours et de la température heure par heure des prochaines 24h. Moi bêtement j’ouvre la fenêtre le matin et je sais comment je m’habille.
Je n’ai pas besoin des alertes du Monde et des Echos plusieurs fois dans la journée pour me tenir au courant. La vraie vie se passe dans la cour de recré et à l’heure du goûter j’ai les infos les plus importantes qui concernent mon microcosme familial.
Mais moi je n’ai pas d’iPhone 4S, outil super génial de la modernité, masculine me semble-t-il.
Si j’en avais un, je deviendrai une « super woman » : une femme outillée d’un engin pareil devient inégalable d’efficacité, d’organisation voire de performance. Ce qui nuirait au partage des tâches, à l’égalité homme-femme.
Je vais donc laisser à mon iMari son avantage concurrentiel.
Mesdames, cet outil magique participe à la paix des ménages, c’est un instrument de l’égalité homme-femmes. 
Acceptons-le.