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jeudi 31 décembre 2020

Qui l'eut cru?

Pousser-Glisser 3 heures après


Moi, pas.
C'est comme les discours que j'ai tenus sur le mariage (certainement pas!), les enfants (encore moins!,) les sushis (rien que l'idée me dégoute), Venise (c'est Dysneyland). 
J'ai du rabâcher des arguments plus ou moins solides,  avec la mauvaise foi toute spontanée qui me caractérise, mais j'ai (comme ce qui est cité au dessus) fini par faire ... du ski de fond!

Il aura fallu attendre une pandémie mondiale, la (presque) année de mes 50 ans, la fermeture des remontées mécaniques (en France) et des frontières (de France) pour que je me dise que peut-être l'alternative serait le ski nordique. Pas besoin d'aller au bout du monde, au fin fond d'une vallée reculée pour ce ski-là, un plateau suffit. Et le Vercors a l'avantage de n'être pas si loin (de Paris) et à portée de voiture de Grenoble (lui même à une volée d'heures de TGV de Paris), ce qui en fait aussi un potentiel lieu de résidence en cas de télétravail pérenne (et de ras le bol parisien avéré).

Grand débutant en ski de fond à 50 ans demande de ravaler sa fierté, d'oublier tout ce qu'on sait du ski alpin et surtout se concentrer sur son équilibre. Déjà à la location, le gars nous demande quel type de ski on veut. "Euh, on débute". On a donc "des classiques", on découvrira plus tard que c'est l'original/l'ancêtre: pas de pas du patineur (ce que fait Martin Fourcade avant d'aller tirer sur sa cible du premier coup), le ski de fond c'est juste le "pousser-glisser".

La seule est unique fois où j'avais fait du ski de fond, j'étais en CE1, j'habitais Lyon et l'école dans son rôle d'égalité organisait une sortie à la neige pour faire du ski de fond. Je me rappelle que déjà à l'époque je faisais ma maline, moi je connaissais la neige, j'allais au  ski tous les hivers. D'ailleurs j'étais une des rares à être équipée d'un fuseau (à l'époque, c'était le nec plus ultra), d'un anorak et  de vrais gants de ski. La plupart des autres enfants avaient des gants en laine qui a la première chute (au bout de 2 minutes environ) étaient trempés et devenaient rapidement deux blocs de glace au bout des mains. Je me rappelle avoir eu froid aux pieds, m'être sentie ridicule avec ces skis à peine accrochés, et bien moins à l'aise que sur des planches dans une pente. Je me rappelle avoir mangé un sandwich mou fourni  par l'école dans une salle qui n'était pas chauffée, et m'être endormie dans le car du retour dans les odeurs de vêtements humides. Des souvenirs associé à cette discipline somme toute pas terribles, et surtout une sensation de déséquilibre sur ces planches tout fins.

Je me suis tu chez le loueur, le matériel a beaucoup évolué : je ne reconnaissais  pas les chaussures, et celles que je voyais me laisser espérer que j'aurai moins froid qu'il y a (plus de) 40 ans. Je me suis tout de même fait expliquer le principe de fixation, qui n'avait plus rien à voir le simple système de clip sur  le bout en forme de pied de canard. Mon iFils a raison, je date de la paléontologie.
Il y a tout de même un forfait à payer, pour l'entretien des pistes, et après c'est comme une promenade, avec des pistes balisées. Enfin presque comme une promenade.  Une promenade où il faut être attentif à  son équilibre. En permanence.

Une promenade que j'ai mise moment à démarrer, je n'arrivais pas à chausser. Après plusieurs essais infructueux, j'ai été prise d'un fou rire, et là c'était fichu. Des larmes plein les yeux je ne voyais plus où appuyer. Pliée en deux de rire, incapable de pousser-lever le pied comme il faut et d'assurer un minimum de coordination avec le lâcher du bouton pressoir. La scène au milieu de tous, avec les 3 iAdos qui me donnent des conseils, l'iMari qui se marre, et le pisteur secouriste navré... Comme dans tous les sports, il y a des barrières de sélection dès le début. Le Darwinisme du ski de fond réside dans le fait de chausser.J'en ai rêvé toute la nuit, je me suis entraînée  toute la nuit dans mes rêves et le deuxième jour, j'y arrivais du premier coup (au 2ème essai...).

C'est  un donc un sport d'équilibre, un peu comme le patin à glace.  En tout cas, vu d'une inconditionnelle du ski alpin, ça ressemble à un sport pour "faire sa gracieuse". Je ne suis pas gracieuse, je ne tiens pas en équilibre. Je suis tombée en arrière, un joli culbuto arrière alors que j'avançais. J'ai juste relâché une demi  seconde mon attention de mon équilibre. Et boum. 
Panique pour se relever. Ce n'est pas évident. Je suis là par terre, et je n'y arrive pas. Par fierté et aussi par autonomie, j'ai refusé tout aide. je devais y arriver par moi-même. Et rebelote, fou rire. Dans le froid, au milieu des vrais skieurs (ceux qui font du skating) je pleure de rire, entre deux tentatives infructueuses de me remettre debout. La technique est simple, mais il faut la connaître : il faut passer par l'avant (ce qui est fondamentalement impossible en ski alpin). Se mettre à genou sur ses skis, les pieds pliés et hop debout. 
Ce sport est éminemment sélectif. Je ne sais pas comment je suis encore là vous en parler.

Après c'est 3 heures intenses, comme un jogging où je me serai habillée chaudement. Je pousse, je glisse, j'appuie sur le bâton et  je recommence. Trempée de sueur en 5 minutes, mal au bras au bout de 10. C'est mieux que le vélo elliptique à la salle de gym (je sais de quoi je parle  j'y suis déjà allée - une fois), la vue en plus.
La descente est le stress ultime, l'instabilité par excellence, l'entrainement à la chute (et à se relever).
L'après-midi est repos, sieste, thé et podcast. 
Demain on recommence.


jeudi 20 août 2020

Il était une rando -J#2


Au petit matin


Seul notre réveil sonne à 6h dans l'annexe. Dans le 3ème dortoir, un groupe avec deux papas et 4 enfants sont arrivés à 19h passés, aussi trempés et frigorifiés que nos autres voisins (ceux qui nous ont déclenché le chauffage).
Comme dirait mon iMari "ils n'ont pas retenu la leçon de partir tôt".

Quand on arrive dans la salle à manger pour le petit déjeuner, nous ne sommes pas les premiers, et nous sommes même nombreux à la fraiche,  pas très réveillés, avec nos bols de café, thé et chocolat chaud servis dans des breaux de cantine. Le petit déjeuner du randonneur vaut le dîner : protéines qui tient au corps. 



Nous sommes partis un peu après 7h, avec nos sacs à dos, nos outres pleines d'eau, nos chaussettes qui puent, nos chapeaux et nos lunettes à l'annonce d'une belle journée. La première demi -heure est le temps qu'il nous faut pour se réchauffer, se remettre en route, oublier les tendons qui tirent, les muscles raides et la perspective de la longue journée. Se remettre dans le rythme : marcher, respirer, boire, et manger plus tard. 2 cols à passer aujourd'hui, 8h  de marche prévues au topo guide. On sait qu'on est plus rapide que la référence, mais on sait aussi que c'est une longue étape.









La pluie de la veille a gonflé le torrent, le pont de bois est recouvert de pierres emportées par l'eau dans la pente, l'herbe est spongieuse, les chemins ravinés.  Le raidillon avant le col a perdu son chemin, le tracé s'est effacé sous l'orage, on marche en hésitant entre la ravine du ruissellement, les drailles façonnées par les vaches et  les symboles rouge et blanc qui restent du tracé du GR. 

Je marche à l'ancienne, penchée sur mon sac à dos, sans cannes. Je suis une minorité résistant à l'appel technologique de la marche. Je me fais doubler par de jeunes gens sautillant entre leurs bâtons de marche.

J'ai déja du faire allégeance au progrès en changeant de sac à dos. Mon fidèle Millet  - rose et bleu - était à la pointe de ce qu'on faisant en matière de sac à dos en ... 1987. Je l'avais acheté pour partir en Israël, il n'avait aucune poche, c'était juste un tube, solide, grand, réglable et confortable. Il m'avait suivi dans tous mes voyages, jusqu'à ce que j'achète ma première valise en 2006 quand nous avions eu notre 2ème enfant, et que nous avions un bébé dans le porte-bébé, un autre enfant à la main, un sac de voyage avec les passeports et les couches, et que pour voyager deux mois en Australie, il nous fallait une valise pour quatre personnes, à roulette.


Mon vieux Millet est troué, l'armature plastique s'est déformée, il n'y a rien pour y accrocher une outre à eau... C'est ce dernier argument qui a eu raison de ma résistance à le garder pour cette nouvelle randonnée.  J'ai aussi du acheter des nouvelles chaussures de randonnée (merci le Vieux Campeur) et des lunettes de soleil pratiques et solides, adieu le  look de parisienne glamour à la montagne. Comme dit mon iAdo : "quand on est vieux on doit tout remettre à neuf".  J'espère juste qu'il ne parle que de l'équipement...

On croise des vaches en alpage avec leurs jeunes veaux, des fleurs de couleurs, des montages en dentelles, des ruisseaux qui débordent, des oiseaux qui sautillent, des marmottes qui sifflent à notre vue. 

Je souffle, je sue et pour la première fois je me dis que des cannes de marche seraient peut-être utiles.

Col de Péas à 2629m. Un col large, entouré d'alpage des deux côtés, toujours du vent. Les randonneurs s'y arrêtent, cassent la croute, échangent quelques mots, nous racontent leur problème de genou ...

Longue descente jusqu'à village de Souliers. A la pause de midi, en auscultant la carte, on y découvre un contournement. Au lieu de remonter le Col du Tronchet à 2347m (nouveau dénivelé positif de 500 m), il y a une route forestière plus le GR5 à flan de montagne qui contourne.  Tentation ...?

C'est le dernier iAdo avec une courbature sous le pied, qui se met à pleurer au bout d'une demi -heure de reprise de marche, qui sonne pour moi le glas du 2ème col. On trempe le pied douloureux dans la fontaine d'eau  froide, on fait un massage à l'arnica, et on fait demi tour vers le village de Souliers pour prendre la voie alternative. Mon iMari poursuit avec les deux grands vers le col tandis que je rebrousse chemin pour une trajectoire supposément plus facile avec le blessé. 

Le chemin de contournement sera long, avec ce demi tour nous avons pris une heure de marche de plus, il fait chaud, il est fatigué, il n'a plus le moral :  "j'ai perdu le plaisir de marcher là maintenant" me précise t -il à un moment. Comme si j'avais des doutes!


On fait des pauses : pipi, boire, massage au pied, banc pour la vue... le village n'en fini pas d'arriver. L'autre team arrive avant nous au gite d'étape, je suis rétamée, lui aussi. Mais il y a des oreillers sur les lits, des vrais draps sur les matelas, la maison est magnifique avec le lierre sur sa rambarde en bois, le ruisseau au fond du jardin...

La maison grince, ses vieux planchers sont patinés, ça sent le bois et le temps suspendu. le tenancier est agréable, drôle et direct. Pas de vin ce soir, ca nous évitera la piquette queyrassine, fromages du coin et iles flottantes en dessert - je n'en avais pas mangé depuis celles de mon grand père (c'était tout de même plus récent que mon sac à dos).

On impose le bain de pieds dans le ruisseau comme un cure pour les courbatures, le goûter comme un remontant et les pâtes au repas du soir sont abordées comme un bon présage. Pas d'orage ce soir, j'achète des cannes de marche au magasin de sport du village, mon iMari une housse de protection de pluie pour son sac à dos antédiluvien (mais pas étanche). 

Le moral des troupes remonte en se couchant, l'étape du 3ème jour est la plus courte (5h au Topo Guide).


mardi 18 août 2020

ll était une rando - J#1

Sur le GR58 - tour du Queyras

Qu'est ce qui nous a pris?
On peut se raconter plein de choses : on en faisait beaucoup quand on était jeunes (mais on ne l'est plus!), on aime ça (vraiment?), on a été poussés par nos enfants (si! si!), pour le fun? la gloire (laquelle?), pour l'ambiance (après le camping je crains que le refuge ne soit le truc le plus ... hors norme)... bref tout un tas de (plus ou moins) bonnes raisons. 
Le fond de l'histoire est certainement plus à chercher dans notre besoin de bouger, d'espace, d'air, de points de vue, de hauteur et de détachement. 

Marcher sur plusieurs jours réduit les contingences : respirer, manger et dormir.
Simplification à l'extrême du rythme de vie.

Montée au Col de Malrif
L'arrivée à Aiguilles, point de départ, se fait sous la pluie, en début d'après midi. Un savant mélange de trajets en voiture, bus et navette nous permet de laisser notre voiture au village d'arrivée, situé suffisamment proche à vol d'oiseau, mais toute de même à 4 jours de marche par le GR58, et plus de 30 km par la route en remontant des vallées plus étroites les unes que les autres.

L'auberge est pleine de randonneurs, le repas est copieux pour ceux-là, que nous ne serons que le lendemain. Cela ne nous empêche pas de faire honneur au diner.
Lever 6h pour un petit déjeuner "en autonomie", ca veut dire que l'aubergiste n'est pas levée, on se débrouille pour trouver le thé, les yaourts, le pain et la confiture. Nous sommes quelques matinaux à nous déplacer en silence dans la nuit avec nos masques dans la cuisine encombrée.

A 7h, on marche. Bon pied, bon rythme, excités par l'aventure devant nous.
Lacs Malrif - le lac du Grand Laus 
Ca grimpe sec jusqu'aux lacs du Malrif, et ce n'est rien comparé au passage du col du même nom, à 2900 m nous dit le cairn en plein vent.


Montée rude, le chemin est flou entre rochers, ardoises émiettées et touffes d'herbe hésitante. Je me fais doubler par un homme-taureau sautillant criant à qui veut l'entendre qu'il est arrivé là en 2h45 (moi ca fait plus de 3h que je marche ...). 

A quelques mètres du col, je me retourne pour admirer une demoiselle-papillon avec des longues jambes, tout en légèreté dans la montée, le mouvement de ses bras pour se servir de ses bâtons de marche ressemble à un battement d'ailes, blanches dans le bleu du ciel. 
C'est d'une grâce inouïe pour moi qui suis au bout de ma vie, au bout de mon souffle, rouge, suante et probablement odorante.




Vallée de Cervières

Comme tous les cols, celui ci est étroit, venteux, froid et encombré. La demoiselle-papillon qui n'est pas si jeune vue de près, mais fraiche  - je le confirme - fait selfie sur selfie, comme beaucoup d'autres ici. 
Nous admirons la vue, grelottant dans nos vestes, cherchons le soleil, la faim au ventre qui gronde. 

Fonts de Cervières

La vallée de Cervières s'étale devant nous, nous descendons vers les fonts de Cervières (je confirme que ça s'écrit avec un "t"). Vieux village, une ferme en activité (du moins l'été) avec un troupeau de moutons et son patou, quelques maisons gentiment retapées (probablement en location), et l'auberge-refuge.













Pressés pas la météo, nous arrivons vers 13h, en plein rush du déjeuner de midi, où des gens arrivant par de l'autre bout de la vallée (le bout où il y a une  route forestière) pour un déjeuner en famille sur trois ou quatre générations.

Nous sommes installés dans une annexe, une maison indépendante dans la village. Un rez de chaussée, 2 douches et 2 toilettes communs, un cuisine commune et une grande salle avec un poêle. A l'étage 4 dortoirs, un balcon.

Grâce au Covid, pas de mélange dans les dortoirs: un seul groupe par dortoir, nous occupons à nous 5, un espace pour 7 personnes.

Grâce au Covid aussi, les matelas sont recouverts d'un épais plastique bleu, facile à désinfecter, désagréable au contact, bruyants à tout mouvement. 
Confort dortoirs en covid, le rêve absolu.

Notre chambrée sent rapidement les chaussettes "utilisées", avec nos 5 paires de chaussures de montagne et de chaussettes de 6h (de marinade).
Notre balcon d'où admirer l'orage
Pas encore retapées







Un des avantages de la randonnée est que tu disposes de ton après-midi, si tu t'es bien débrouillée dans ton étape : partir tôt, ne pas faire des pauses trop souvent, arriver avant l'orage.

Fonts de Cervières, avant l'orage
L'après-midi est consacrée à ne rien faire, 
au pire : lire, 
au mieux :  profiter du mauvais temps en étant à l'abri, 
entre les deux : dormir, ou encore manger un tarte à la framboise en visant le moment où les grandes tablées se sont vidées et l'abondante pluie.










Et du balcon, tu profites de l'orage : les éclairs qui cisaillent la montagne, le tonnerre qui fait trembler le plancher, le déluge qui chantonne aux oreilles, et les frissons que tu te fais en pensant que tu pourrais être dans la descente du col, au pied des éboulis, dans un torrent de boue, trempé et  frigorifié...

Il s'agit aussi de compatir quand tes voisins de dortoir arrivent trempés. Eux ne sont pas partis tôt, ou ont trainés en route, ou n'ont pas consulté la météo.
 Comme il y a un bon côté à tout, les voisins qui arrivent sous l'orage font que le tenancier allume le chauffage.







Et là c'est Byzance, dans l'odeur des chaussettes, sur le matelas en plastique, je jouis de l'orage à mon balcon, enveloppée d'une douce chaleur. Un après-midi de rêve, un après-midi de rando!
Toits d'ancelles


















Repas de refuge repas de randonneurs. 

Là aussi, Covid oblige, les tables sont organisées par groupe. Nous avons notre table de 5, là où, quand on était jeunes (et quand on décidait de mettre de l'argent dans le repas du soir),  nous formions de grandes tablées, assis à côté d'inconnus comme toi marcheurs, mais pas comme toi : grand marcheur, c'est à dire avec un pedigree de sommets ou de GR à leur actif qui te faisait systématiquement passée pour une novice.

Pas de risque avec le Covid, chacun sa table, chacun son plat, on ne dispute plus le rab' de soupe. 

Le riz est "de cantine" d'après nos iAdos, totalement  déconnectés, pas un brin de réseau dans ce fond (t) de vallée, ni la moindre trace de Wifi. 

Le vin est en pichet, tiré d'un cubi, entre piquette haute-alpine ou vinaigre italien comme nous sommes à la frontière, je ne sais trop. Nous avons faim, nous mangeons tout, en trouvant tout ceci quasiment bon.

La distanciation sociale s'arrête à la salle à manger, on se fait alpaguer à la sortie par nos voisins de dortoirs, ceux qui sont arrivés à 17h sous l'orage, et grâce à qui nous avons le chauffage. 

Comme je suis quelqu'un de poli (parfois) je remercie pour le chauffage (avec un minimum de compassion pour leur état trempé-frigorifié), s'ensuit une conversation très parisienne (ils sont versaillais) sur quelles étapes, quels horaires, quels autres GR, quelles autres randonnées et croyant trouver un échappatoire en évoquant le Canada, je me retrouve embarquée dans une conversation sur l'histoire de Banff et la rentabilisation de la ligne de chemin de fer au détriment des indigènes...  Mon iMari s'enfuit. 
Bonheur du refugeje fais la conversation avec des parfaits inconnus en tatannes-chaussettes (comme moi) avant d'aller au lit à 21h.

Nuit agitée de nos retournements sur plastique bleu, chaleur odorante du radiateur, bruit de la pluie sur le toit en ancelle, vomi du dernier pendant son sommeil, nuque endolorie par nos oreillers de pulls pliés et serviettes de toilette... jusqu'au réveil à 6h.



samedi 15 février 2020

Balade en Champsaur, sur les traces de Vivian Maier

Pisançon

Vivian Maier - photographe à la renommée récente et post mortem - a passé du temps dans le Champsaur d'où était originaire sa mère et la famille de celle -ci. 
Elle y a grandi entre enfance et adolescence, et est revenue plus tard avec son appareil photo. Une américaine dans les années 50, on peut imaginer la curiosité qu'elle suscitait et son engouement à photographier la campagne paysanne, elle qui venait de New York et d'autres grandes villes américaines.
Après plusieurs jours de ski, en cherchant la neige, on a revisité le Champsaur sur les traces de Vivian Maier.

Molines en Champsaur
A Môlines en Champsur, cul-de-sac après La Motte, il y reste une église, un auberge et une maison de l'ONF et quelques habitations, traces de vie. En bordure du Parc National des Ecrins, on remonte la Severaissette vers des villages abandonnés. 

Vue de Pisançon













Le fond de vallée, vue de Molines

Au début du Champsaur, la vallée y est plus large, et offre un horizon bleu et lointain.






















La vallée de la Severaissette, vue du  cimetière de Molines (plus petit que le jardin de mon père).
Fin de journée en février, il fait frais, le peu de neige est gélée.
Eco Musée de Pisançon




















L'Eco Musée de Pisançon fait la part belle à Vivian Maier, avec un fond de photos conséquent. L'association est dynamique en expositions, événements, stages, concours et même bourses!
Mais pour le musée, les horaires d'ouvertures restent mystérieux en dehors de l'été.
http://www.association-vivian-maier-et-le-champsaur.fr
L'Auberie - ferme encore en activité?

La Motte en Champsaur











Beaucoup de fermes sont isolées, éparpillées dans la vallée.
Certaines ne sont plus en exploitation et risquent de tomber en ruines, les jeunes paysans leur préfèrent les stabulations, plus faciles à entretenir.


















A côté de la fontaine de la Motte, un arbre de Noel original, probablement fait par les enfants de l'école d'à côté



















Molines en Champsaur


Couleurs chatoyantes une ferme à l'air accueillant capte plein sud les rayons du soleil d'hiver, face au soleil couchant.


















Saint Bonnet
En bas de la grand rue, la petite place avant celle du marché.
Une fontaine, une boucherie et une boulangerie.
Plus loin le photographe a fermé, personne n'a repris sa suite à la retraite. Il avait tenu longtemps, photo d'art, les mariages, les naissances, le numérique.
La mercerie aussi plus loin a fermé, même raison. Comme la mercière, la clientèle a vieilli. Qui va encore dans une mercerie?











La Tour à la Motte

De nombreuses bâtisses sont marquée d'un frorton avec une année 1841 ou dans la décennie qui suit. Une époque faste our le coin?
Cette ferme là avec sa tour était pour des notables dans ce coin perdu de montagne.















Saint Bonnet, dans les ruelles médiévales

Fontaines dans tous les villages, voire plusieurs. L'eau y coule ne permanence. Pour plus de sureté, la commune y inscrit euh non contrôlée, ou non potable. Les autochtones la boivent tout de même. Les estivants, eux, en sont malades, pas assez de chlore, trop de bacteries.














Pisançon - inactivité du matériel

Un vieux tracteur garé au fond d'un musée. Il y en a encore des comme ça, dans les granges, dans les cours de fermes, et sur la route. 
Ils ont l'élégance de leur âge, la nonchalance de ceux qui ont la vie devant eux. 
Je me suis mariée sur un engin comme ça, celui ou enfant j'avais passé beaucoup de temps à faire le foins : couper, retourner, botteler, ramasser. Le mien n'est plus, longtemps remisé dans sa grange, il a du finir dans une casse quelconque, cimetière pour tracteurs à la retraite.







Derrière, les loups

Entre deux toits, la crète de la vallée aux loups (celle du film de  JM Bertrand).




















Les champs


Avant les barrières électriques, elles étaient en bois. Elles le sont toujours, surtout autour des fermes.


















Molines au fond de sa vallée




Quelques maisons dans cette impasse de vallée. Le Parc des Ecrins à droite, le col à gauche pour Valgaudemar.

















Vers la cabane de Peyron Roux

Un chemin creux pour les estives, qui ne doit plus voir passer que des randonneurs. Les moutons ne passent plus par là.




















A la Motte en Champsaur

Dans son jus, une ferme à l'angle de deux rues, qui furent jadis des chemins de passage, en face du four.
Les oignons sèchent au soleil, les bottes de foin sont encore des rectangles attachés par une ficèle jaune.
















Fleuron de la vallée, inscrite au Patrimoine Mondial des Monuments Historiques, la Chapelle des Pétètes.
Il est possible de passer à côté sans la voir. Elle tourne le dos à la route, pourquoi s'arrêterait on encore à cette chapelle? Il y en a tant des chapelles et des oratoires dans la vallée, à croire qu'ils étaient si pieux.
Mais si on prend la peine de s'arrêtant sur ce petit bout de détour par L'Auberie, qu'on monte à pied le talus, on découvre la façade avec les têtes, les satinettes, leurs visages ronds, naïfs et leurs yeux fixes.

mercredi 9 novembre 2016

Balade parisienne en ce jour des chrysanthèmes

Sous la Pyramide - octobre 2016

Vu! 

En montant l'escalier interdit
Alignés, avec leur nez

Droits comme des i

Salle de la Joconde - 31 octobre 2016

Oui, c'est elle! Je la vois! je la prends!

Les Jardins du Palais Royal

Aux couleurs d'automne

Palais Royal - les jets

Sieste Royale

Jets d'eau royaux

Royales Verticales

Ombres royales

Reflets

Pompidou par dessus les toits...

Détails de Saint Eustache

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