samedi 13 mai 2017

Vérité?

Le Palais Royal (est un beau quartier...)

Personne ne va au cinema pour voir la vérité, à l'exception peut être des francais.

Entendu dans un film sans interêt

"Au Café de la Paix, je t'attendrai..." #1

Chute de reins - Chateau de Valençay

Qui se rappelle de cette chanson de Thomas Fersen?
Un des cafés parisiens mythiques.
L'autre jour, traversant Paris entre deux rendez-vous, je cherchais un endroit pour m'accueillir 1h30 pour travailler. Je n'avais pas envie du bar bruyant, ni de la brasserie vers l'heure du déjeuner. 
Opéra, le Café de la Paix, essayons me dis-je. La dernière fois que j'y étais allée c'était en rentrant d'expatriation pour parler collaboration professionnelle éventuelle avec une connaissance. Un siècle presque.

Je ne me suis pas installée sous la verrière, mais plutôt le long des fenêtres pour profiter de la lumière du jour et du soleil (c'est relatif, mais j'y croyais).
A côté de moi : un entretien d'embauche. 
Une femme la cinquantaine extrêmement bien conservée et entretenue recevait une jeunette un peu gauche et provinciale (sa robe, ses lunettes et son maquillage Monoprix surtout). Je n'ai pas très bien compris pour quel job elle postulait, mais clairement en rapport avec le luxe, les hôtels, les bars, les restaurants... peut être une "agence de voyage" pour une clientèle haut de gamme dans des périples luxe. 
Celle qui menait l'entretien était un modèle du genre, je ne peux m'empêcher d'admirer ces femmes qui semblent tout droit sortir d'Elle Magazine  : parfaitement bronzée (je vous rappelle que nous ne sommes qu'en mai) et uniformément bronzée : même teint des chevilles à la figure en passant dans les plis du cou, habillée chic et cool, ses habits ont l'air neuf : tailleur pantalon bleu marine casual et des Stan Smith blanches et rouges immaculés (en comparaison les miennes ont l'air d'avoir arpenté un champ de boue), un tas de bracelets au poignet gauche (le plus près de moi) qui avait tous l'air de  pacotille mais pas un en était.
Elle a eu des questions intéressantes elle, l'habituée des grands hôtels à la petite jeune:

la vieille : vous êtes déjà allé dans un hotel de luxe?
la jeune : euh non, je n'en ai pas eu l'occasion.
la vieille : vous faites comment quand vous voulez réserver un hôtel?
la jeune  : euhhh sur "biiiip" (la pub est interdite), ce qui 'm'intéresse c'est le prix plus que le confort
la vieille : citez moi des hôtels de luxe parisiens
la jeune : "biiiip", elle ne s'en sort pas trop mal
la vieille : ici c'est un bar de luxe?
la jeune : (sans hésiter) : non par ce que....(je n'ai pas entendu pourquoi)

Ca a continué comme ça pendant un moment. Et je me demandais ce qu'une provinciale d'une vingtaine d'années pouvait connaitre de ce monde là. Non pas parce qu'elle était provinciale, mais plutôt elle n'avait pas l'assurance de la jeunesse élevée dans le luxe, comme ces ado que l'on peut croiser au Bon Marché et qui portent pas moins de 5000 euros des pieds à la tête.

Mais elle a foiré son entretien, elle a du s'en apercevoir.
Ca a tourné vinaigre quand elle a évoqué le fait qu'elle était jeune maman. Ce qui ne rentrait pas dans la case "glamour et luxe" ni dans la case "disponible" (ie corvéable à merci). 
Ca a senti le roussi quand elle a poursuivi en disant qu'elle ne s'était pas rendu compte qu'elle serait en déplacement environ 4 jours par semaine et que donc au niveau de ses prétentions salariales il faudrait en tenir compte.
C'était définitivement fichu quand la vieille lui dit "vous y réfléchissez et vous me rappelez si ça vous intéresse toujours". Sachant que la jeune s'était enthousiasmé juste avant que c'était passionnant (rencontrer des gens riches!) et qu'elle adorait travailler (passer du temps dans des hôtels de luxe, même si elle passait ses entretiens d'embauche au Café de la Paix).

Mon capuccino à 9 euros terminé, je suis partie bien après elles. 
Et j'ai eu droit à la grande scène de Bérénice Bejo assise un peu plus loin (ce sera une autre histoire).
Ce n'est peut être pas un café, mais les gens qui y viennent se prennent pour (du luxe);
Ce n'est peut être pas un café de luxe, mais ces prix si.



lundi 24 avril 2017

Un (petit) poème pour se donner du courage

Une petite expo pour se donner courage avant d'aller voter

Je ne suis pas de ceux qui trichent avec l'univers
J'appartiens tout entier à ce troupeau grandiose et triste des hommes
On ne m'a jamais vu me dérober à la tempête
J'ai battu de mes bras chaque fois l'incendie
J'ai connu la tranchée et les chars
J'ai toujours dit sans prudence au grand jour mes pires pensées
Et je ne me suis pas retiré quand on est venu me cracher au visage
J'ai le front marqué
J'ai partagé le pain noir et les larmes de tous
Je ne suis monté qu'a mon tour sur le contre-torpilleur
Qui m'arrachait à ma terre envahie
(...)
J'ai pris ma part d'amertune
J'ai porté mon lot de malheur
Et pour moi cette guerre n'a jamais fini
Quand sont toujours écartelés les membres de mon peuple
L'oreille collée à la terre il me parvient encore
De terribles soupirs lointains qui traversent la chair d'un monde sourd
Je ne connais pas le sommeil et quand je fermerai les yeux ce sera pour toujours
N'oubliez pas cela

Louis Aragon  - Elsa

Maintenant, vous savez ce que vous voterez au second tour

Vertige dans la "chambre d'huile " - CCCOD  de Tours

C'est flippant n'est ce pas? 
Se dire que la France a basculé du côté noir de la Force. 
Ils s'en donnent tous à coeur joie, les médias avec leur carte de France colorée dont la moitié droite est endeuillée. Le code couleur est unanime, comme s'il s'imposait et ne va pas sans rappeler "les chemises brunes" des sombres années.
Elle ne passera pas, c'est certain. Mais une personne sur cinq autour de nous a voté pour elle.
Sous mon toit, nous sommes 2 parents et 3 enfants (ouf pas encore en âge de voter et suffisamment éduqués) mais ça voudrait dire que sous mon toit, il y en aurait un qui aurait voté "bleu marine".
J'en ai la chair de poule.
Je regarde désormais les gens autour de moi avec un air suspicieux.

samedi 22 avril 2017

Et vous, savez-vous pour qui vous votez demain?

Olivier Debré - au CCCOD de Tours (encore, et c'est pas fini!)


"Il n'est plus le temps de rester à l'affût ; il n'est plus temps de se préparer à bondir, il est temps de bondir sans préparatifs et sans autres préliminaires, et non pas, secondairement de le dire ou de le promettre, mais de le faire, et d'entrer de plein-pied, directement, effectivement dans le vif de l'actualité drastique. Ce qui est requis sur le moment n'est plus la vigilance (car il est déjà trop tard), mais c'est l'agilité de l'éclair : l'occasion exige d'être saisie au vol."

"Telle est en premier lieu la vocation du courage. Tout nous le dit, les yeux, les mains préhensiles, la démarche : la vocation de l'homme est de faire face, c'est à dire de regarder devant soi et d'aller de l'avant"

Vladimir Jankelevitch

Allez votez demain, en votre âme et conscience.
Soyons courageux au premier tour, pour ne pas finir en exil après le second.

lundi 17 avril 2017

Ikigai

Olivier Debré - CCCOD de Tours

Ikigai : une raison de se lever le matin, une raison de vivre - japonais

tiré de l'encyclopédie "les mots qui nous manquent"

Ouverture à la nature : entre mer et sel

La plage de l'Herbaudière - jour 1

Après des années "d'ouverture à la culture" - c'est l'expression favorite de nos enfants - à Pâques cette année nous avons testé l'ouverture à la Nature (avec une Majuscule).
Direction l'île de Noirmoutier pour une semaine (5 nuits exactement, point trop n'en faut). Nous étions tout de même un peu inquiets : est ce qu'on tiendrait une (presque) semaine sans visite? sans musée? en pleine campagne?...et pire que tout : sans Wifi?

Je rassure, rapidement, le site n'était pas à jour. La maison bien que vieillote appartenait à des Parisiens était donc - ô surprise! - équipée de Wifi.

J'ai pris des munitions : 

  • d'abord passage à la médiathèque : plusieurs romans, certains de plus de 400 pages
  • puis arrêt à la Maison de la Presse : l'indispensable Elle Magazine (qu'au retour je n'ai toujours pas lu), les inrocks, un hors série de Sciences Humaines (les penseurs du langage - que j'ai aéré) et les deux derniers numéros de Lire Magazine
  • enfin last stop à la Librairie, un petit poche pour la route (en guise d'amuse bouche)
  • et quelques pépites de ma Réserve (celle en cas de coup dur : confinement, guerre de 100 ans...) : 2 mook (Ballast, La Chose), et quelques essais pour le boulot (que je n'ai pas lus, tiens donc)
Inutile de dire que ce périple préventif était valable aussi pour les enfants... Nous ne savions pas ce que nous allions trouver à Noirmoutier, autant être équipés.

Alors la semaine....intense!

A 100 m de la plage, nous y sommes allés tous les jours. 
Nous adultes, pas pour nous baigner, mais pour se faire dorer, chauffer, rôtir... et attraper un coup de soleil sur le nez. Quant aux enfants "impossible de résister à l'appel de la mer" :
- d'abord habillés le premier jour, pas très prévoyants
- en maillots les bons jours
- en slip les jours froids ("il y a trop de vent, on ne se baigne pas"...et hop dans l'eau)

Activité cerf-volant intense : les cerfs volants chinois de Wuhan (vous savez ceux qu'on achetait une broutille le long du Yangtsé) volent bien mieux que ceux de Nature et Découverte (pourtant made in china aussi).

jour 2 : jogging
Jogging : sur la plage, dans les marais, en ville,... bref on court.

Vélo : un tour à la journée. Nous avons bien fait nos 40 bornes. Tout le monde avait mal au fesses (sauf moi, on ne se demande pas pourquoi, merci).  
Nous avons largement constaté l'homogénéité de l'habitat : maisons blanches et volets bleus (50 nuances de bleu), trois rebelles recensés avaient choisis jaune poussin, orange et rouge (ce dernier devait être un émigré basque).


On a fait comme il se doit la queue (presque une demi-heure) au glacier réputé pour les deux boules Fraise/Vanille Bourbon de Madagascar (que je vous recommande).
Et bien sûr, marché local, avec vins et mets du coin : crabe, gâche, pomme de terre de Noirmoutier, vin de Vendée (pas terrible) et surtout le sel, partout.


jour 3 : on sauve le monde
Promenade sur le passage du Gois : pieds dans la vase, certains parmi nous n'aiment pas la sensation entre les doigts pieds (mais quelle chochotte!).
Et surtout nous avons sauvé des vies : une mamie bien rebondie s'est engagée dans la vase bien meuble avec sa petite-fille, bien petite.
La gamine s'est retrouvée coincée avec ses deux bottes en caoutchouc bien ancrées dans la vase, la mamie à genou dans la boue, ses baskets en toile perdues dans le mouvement et n'arrivant plus se relever. Vite à la rescousse, à soulever la mamie sous les bras pour qu'elle se (re)mette sur ses deux pieds, et à la raccompagner jusque sur la terre ferme. Et la petite arrachée à la marée par notre iFille qui avait sortie le nez de son livre et de son iPhone (sur lequel elle lit aussi des mangas) et qui l'a porté à côté du papi. Ce dernier pas sympa pour deux sous "c'est bien fait pour ta gueule, je t'avais dit de ne pas y aller".
Je n'aurai pas aimé passer la suite de la journée avec eux.

jour 4 : le long du port
Deux équipes le jeudi : Tom et les enfants pour une visite au Chateau de Noirmoutier (tout de même) et moi chez l'esthéticienne. J'en  ai appris autant qu'eux sur l'île et ses habitants, si ce n'est plus (notamment que le boulanger qui fait l'angle n'était ouvert que 6 mois l'année, le reste du temps il était en Thaïlande, l'histoire ne dit pas si c'est pour faire du pain ou...)
J'ai aussi eu la liste des films tournés sur l'île avec qui était figurants et "où logeait qui" parmi "le beau Monde)... au Chateau il n'y avait qu'une retrospective sur les films, pas autant de détails.

La maison louée était un musée de notre enfance : le mobilier, les ustensiles, les revues (Astrapi des années 80, super j'ai pu relire les copains des Tilleuls et Touffu), et un épluche pomme à manivelle ce qui nous a valu de manger 10 pommes par jour pendant 5 jours (combien pour le budget "pommes" des vacances sachant qu'elles sont bio?). 
J'en déduis que pour qu'ils mangent plus de fruits, je dois nous équiper de l'appareil redoutable.
Humide aussi la maison, j'ai eu les extrémités gelées tout le séjour : nez froid (bien qu'avec un coup de soleil, sensation étrange, je vous l'accorde), pieds glacés : deux paires de chaussettes le soir et doigts comme au ski en fin de journée de janvier (zut je n'avais pas pris mes gants).
Le premier soir j'ai mis toutes mes épaisseurs et multicouches laine, le deuxième soir, nous avons fait un feu dans la cheminée, le troisième soir nous avons allumé le chauffage (électrique, qui pue),
jour 5 : ça se termine!
comme les soirs suivants, ce fut le plus efficace. 

Résultats des courses : tout le monde a beaucoup glandé, beaucoup lu, beaucoup joué aux cartes aussi.
Et les enfants nous ont dit que finalement c'était bizarre de "rien" faire et que ça suffisait.
Nous voilà donc partis pour trois jours d'ouverture à la culture en Touraine.

On a gagné!