Arrivée à Itsanbul, et la quitter
La Turquie, 20 ans après. 21 pour être exacte.
Ca commence par l’aéroport que je ne reconnaîs
pas : il est grand, moderne, climatisé. Comme n’importe quel aéroport
international. Une partie est encore en cours d’aménagement, comme s’ils attendaient
du monde.
Il y a un Starbucks dans le hall, et les enfants
s’étonnent qu’on ne s’y arrête pas. Puis 4 DAB alignés. A l’époque, on voyageait
avec des devises, des dollars et des traveller checks, on faisait la queue au
bureau de change.
Aujourd’hui il y a le métro au départ de l’aéroport,
et personne ne nous suit en nous proposant un taxi.
Nous prenons le métro, puis un taxi jusqu’au port
où là nous prendrons un bateau pour traverser la mer de Marmara.
Le hall de la compagnie de bateaux est rempli de
monde, des hommes qui s’agitent, des femmes qui s’aèrent et des enfants qui
braillent.
On comprend vite que tous les bateaux sont
complets.
Et demain aussi.
Et il n’y a plus de voitures de location
disponibles.
C’est le Ramadan (ramazan comme ils disent). Les
derniers jours.
15 millions de Stambouliotes souhaitent quitter la
capitale pour aller rejoindre leur famille, faire la fête, ou tout simplement profiter
de ces quelques jours de vacances. Et nous aussi.
On repart en sens inverse, sans le taxi cette
fois, car ils ne veulent pas nous prendre, la station de métro est trop proche
et un bateau vient d’accoster avec des possibilités de courses plus longues
avec tous ces voyageurs.
A pied donc, sous la chaleur écrasante, avec nos
valises dans les ruelles. Que des hommes dans les rues.
La gare de bus d’Istanbul est une immense place
ovale, entourée de casemates, chacune correspondant à une compagnie et des destinations.
La nôtre est la 137, ça ne s’invente pas, il suffisait de le demander.
Et là on rejoue un scénario connu.
Les bus sont complets.
Et demain aussi.
Et après demain aussi.
Sauf, celui qui part ce soir à 21h30, n’arrive pas
exactement là où on veut et à presque à 2h30 du matin. Il reste…5 places. On
prend.
Cabine téléphonique |
Une longue attente à la gare, dans un café entouré
de stands de gare avec des chips, des kebabs, des babioles, un téléphone
public, le défilé continu des bus à la queueleuleu devant les vitres, les gaz
d’échappement, les klaxons, la musique turque, la moiteur, le ventilateur qui
ne marche pas, puis l’appel à la prière à la tombée de la nuit,…
Et une jeune fille qui vient s’asseoir avec nous
car il y a une prise pour charger son téléphone juste derrière Hector.
Le bus est plein, nous avons eu la rangée du fond,
celle où on saute à chaque aspérité de la route.
Toute la région est un gigantesque parking :
les deux voies rapides sont bouchées par des voitures qui n’avancent plus, le
bus fait des détours dans la campagne, nous sautons dans les ornières des
chemins. Des gens descendent à des arrêts qui n’en sont pas, parfois au milieu
des champs.
Ca ressemble à un état d’urgence, un exode.
A 3h du matin, on tombe dans deux chambres
étouffantes de chaleur dans un hôtel qu’on avait réservé grâce à nos iDevices
partout connectés dans le monde.
Le lendemain a déjà plus des allures de vacances
avec le petit déj qui se prend sur le toit de l’hôtel avec une vue splendide
sur le détroit des Dardanelles et à nos pieds la file de voitures qui attend le
ferry, avec des gens excédés par les jours et nuits d’attente.
Ainsi commence le régime « tomate, concombre,
feta » à tous les repas. Suivi de notre périple pour atteindre cette île
où nous avons décidé de nous poser quelques
jours tranquilles pour commencer nos vacances.
Etre à pied nous avantage : mini bus jusqu’à
l’autre bout de la presque île de Gallipoli, puis bateau et en tant que piéton nous
n’avons pas d’attente.
Terre en vue! |
A midi, nous sommes sur notre île : Gokceada.
Je m’en étais douté en cherchant à nous loger sur
cette île, et ça s’est confimé dès le ferry : sur cette île pas de tourisme
international, que des turcs.
Partout, en tout genre, en vacances. De la famille
toutes voilées de noir des pieds à la tête assises en plein soleil sur le pont
du bateau au couple moderne elle en tenu toutes fesses dehors et poitrine à
l’air (mais dans la cabine climatisée), en passant par toutes les nuances entre
les deux. Les hommes sont clichés : gras et mou, poilus et moustachus, ils
fument et trainent des pieds avec leurs savates.
Notre hôtel - réservé en allemand car personne ne
parle anglais - est en fait un ensemble de bungalows plantés autour d’une
piscine, sur une colline bien entretenue et ombragée.
Nous déjeunons « tomate, concombre
feta », et là on se laisse aller. Les enfants à la piscine sans crème
solaire, les deux tiers attrapent un coup de soleil. Le iMari a une iSieste qui
sera une vraie sieste pas un temps « je drouille le iNews sur mon
iPad », et moi dans une chaise longue en bois, bien trop dure pour être
confortable, même pour mes fesses
rebondies.
Je commence par Elle Magazine : 15 mn dans sa
version estivale. J’ai tourné toutes les pages et lues toutes les lignes de
« c’est mon histoire : je me suis tapée un jeune de 20 ans de
moins », puis j’ai fini mon polar « je suis Pilgrim ».
J’ai bu une Efes Bier et remangé
tomate-concombre-feta.
C’était l’après midi shut down process, le début
des vacances, apprendre à ne pas bouger même si la chaise longue est trop dure.
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