dimanche 22 septembre 2013

Pourquoi je ne serai jamais agent secret...


Dans la Vie, dans mes rêves, j’aurai voulu être agent secret et écrivain. Les deux en même temps.
Une version féminine downsizée de John Le Carré en un peu plus jeune, un peu moins britannique et
surtout moins talentueuse.
Dans ma vie (la vraie), j’ai rapidement constaté qu’écrivain c’était compliqué, surtout quand très jeune on s’est orienté vers un bac C (math-physique), suivi d’études d’ingénieur et de jobs à l’avenant. J’ai déjà pris un virage sévère en devenant coach (quoi un ingénieur qui parle de relations ? humaines en plus ?), je ne peux pas continuer à tourner je vais finir par attraper le tournis.
A l’origine déjà, je n’avais pas choisi la voie royale pour le prix Goncourt (mais John Le Carré n’a jamais eu le Goncourt !).
Ecrivain donc je n’y croyais plus, mais agent secret si.

Enfin jusqu’à cet été.

Jusqu’au mercredi 13 août 2013, 16h07 pour être précise. Il y a eu un avant et un après. Le genre de moment décisif dans une vie, la Vérité tombe. Celle implacable de qui vous êtes et de ce que vous ne serez jamais.
Mercredi 13 août donc, nous sommes en vacances, en famille dans les Hautes Alpes, et comme toutes les années nous emmenons les enfants à une après midi Acrobranches.
Vous savez, c’est le genre d’endroit où vous vous prenez pour Tarzan (là les moins de 40 ans ne connaissent pas) ou un singe (et c’est pareil car Tarzan c’est l’homme singe de la jungle). C’est un endroit avec des parcours acrobatiques dans les arbres : vous portez un harnais, vous être accroché à une « ligne de vie » (rien que le mot est terrifiant, je ne vous parle pas  du concept !) et vous passez des « ateliers » (il y a comme une notion de travail ou de jeu dans ce concept?) du type :
  • tyrolienne : pendu à un mousqueton, on se laisse glisser le long d’un fil sans voir le point d’arrivée,
  •  pont népalais : un pont fait de planches longitudinales disjointes accrochées à un fil. J’ai bien dit « longitudinale » : dans le sens de la marche. Si elles sont horizontales c’est un pont suspendu  (j’y ai eu doit en Thailande, en Malaisie,… dans ce genre de pays,c’est un vrai pont, pas juste un atelier)
  •   balançoires, lianes, échelles de corde … bref rien de fixe, rien de solide, tout dans le vide.

Nous y voilà donc, à Laye pour être précise.
Plusieurs parcours sont proposés, selon les âges, les tailles et les niveaux. Les deux grands sont désormais sur le circuit Découverte « à faire en famille ». Tom va avec eux, et moi j’hésite en me disant que c’est sympa une activité familiale. Germain est destiné au « Super Kid » : pour les plus de 5 ans et plus d’1.2 m les bras levés. Un parent accompagnateur est nécessaire sur le parcours avec lui. L’année dernière dans le parcours du niveau juste en dessous aucun accompagnateur n’était nécessaire, on pouvait les aider depuis la terre ferme.
Je me sacrifie, je n’irai pas sur le circuit découverte (« 2 heures dans les branches pour les personnes en bonne forme physique ») mais sur le « Super Kid » avec Germain : j’ai plus de 5 ans et je mesure plus d’un mètre vingt les  bras levés.
Après les consignes de sécurité, où on nous explique comment s’accrocher sur la ligne de vie (2 mousquetonx qui doivent toujours être enfilés sur le câble ad hoc) et comment utiliser l’accessoire pour la tyrolienne (sans mettre les mains sur le câble, sinon ça nous les broie), me voilà avec Germain au départ du parcours. Ma sœur nous suit depuis le sol, son rôle sera crucial dans ce qui suit.

Le parcours commence par une tyrolienne, longue, très longue… Germain s’en tire comme un chef. Quand à moi, j’appréhende un peu, plaisante avec l’encadrant qui nous aide à démarrer en m’interrogeant à haute voix qui entre Germain et moi est l’accompagnateur de l’autre.
Je loupe l’arrivée de la tyrolienne, mes pieds tapent sur le rebord de la plate forme à plus de 3 mètres du sol. Me voilà repartie en sens inverse et bloquée au milieu du câble.
Heureusement j’avais écouté les consignes (c’est une leçon de vie presque…) et je sais donc comment évoluer sur une tyrolienne quand on est coincé au milieu.
Germain m’encourage, je ne suis pas très fière.
On enchaine par un pont en bois suspendu : les marches sont en travers, tout bouge, mais il y a des mains courantes de chaque côté. Je mets le double de temps de Germain pour traverser et doit prendre sur moi pour surmonter mon appréhension, toujours sous les encouragements conjugués de mon fils et de ma sœur (qui partage avec moi son peu d’appétence pour ce genre d’exercice). Mais elle est au sol.
Je suis au bord du collapse quand je découvre l’ateleir suivant : un pont népalais, très long (4 planches longitudinales, telles des poutres ; à plusieurs mètres du sol). Le tout juste attaché par des cordes, qui oscille tranquillement.
Germain est déjà de l’autre côté alors que je suis encore en train de me demander comment je vais y arriver.
Ma sœur se (re)met à m’encourager. J’envisage de faire demi tour, mais avec une tyrolienne au début , c’est impossible.
Je mets une éternité à traverser ce pont. Je demande à Germain de ne plus me parler, je ne suis plus capable de lui répondre, je l’entends à peine, prise dans mes affres, concentrée pour me contenir, contenir ma peur, mon vertige.
Ma sœur me procure des conseils aussi rassurants qu’elle peut :
-          -respire
       -  regarde loin devant toi,
       appuies-toi sur tes pieds plutôt que sur la ligne de vie
        
-            et puis si tu tombes tu seras juste pendue comme une saucisson.

L’image est effrayante, je la remercie avec le peu d’énergie qui me reste pour ses consignes.
Au bout d’une éternité, je suis enfin sur la plateforme, alors que Germain est déjà à la suivante. Je reprends mes esprits. Je suis épuisée. Il me faut encore tenir plus d’une heure, cela me semble insurmontable.
Quand j’ai un peu repris mes esprits, je manque de défaillir en découvrant l’atelier suivant. Une sorte de trapèze avec un rondin en bois. Il faut monter debout dessus se balancer au dessus du vide et sauter sur la plateforme suivante.
Impossible.
Je suis au bord des larmes, la crise de nerfs n’est plus très loin.
Je considère la hauteur de la plateforme, je me détache, m’assois, hésite.
Mon esprit rationnel reprend le dessus : j’ai l’air bien plus con si je saute en dépit des consignes de sécurité et me fais mal, que si j’appelle le gars pour qu’il m’évacue.
Sans compter l’assurance… (rationnelle je vous dis).

C’est la meilleure décision que j’ai jamais prise : arrêter là le massacre, me faire évacuer de ce parcours.
Ma sœur va chercher un des responsables.Il est arrivé avec tout son matériel, a grimpé, m’a expliqué qu’il allait me descendre en appel. Je précise qu’il doit y avoir 2,5m, 3 de hauteur tout au plus.
Le ridicule ne tue pas, la peur pourrait.

Curieusement, la manip de me lancer dans le vide en rappel tenue par un gars qui a la moitié de mon âge et la moitié de mon poids, ne me fait pas peur. La perspective d’avoir les deux pieds au sol sans doute…
Une fois au sol, je retrouve quelques capacités sociales :
-          - ça vous arrive souvent d’évacuer des gens des parcours comme ça ?
-          -  oui, on est là pour ça,
-            
-            …mais du parcours enfants, c’est pas banal.

Voilà c’est dit.

Ce soir-là, dans l’équipe de l’Acrobranches au moment du débrief de la journée, j’ai du faire le buzz.
Ma sœur m’a raconté que quand elle est allée chercher le gars, il lui a demandé
-         il est habillé comment l’enfant ?
Réponse de ma sœur : « c’est pas l’enfant, c’est la maman… »

Alors c’est fini pour moi : je ne courrai jamais sur le toit d’un train roulant à grande vitesse s’engouffrant dans des tunnels, je ne ferais pas de course poursuite sur les toits des villes où qu’elles soient et je ne sauterai ni d’un hélicoptère en vol, ni d’un pont…
En plus j’ai peur du noir, et je sursaute au moindre bruit.
Alors agent secret….





dimanche 18 août 2013

La nature est un temple,...


La nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;

L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.
Les Fleurs du mal - Baudelaire

Temple de Poseidon, Cap Sounion

Trésor des Athéniens, Delphes



Temple d'Apollon, Delphes

Théatre de Delphes

Temple d'Apollon, Delphes

Temple d'Athéna, Delphes

Détails du temple d'Athéna

L'Agora romaine, Athènes

L'Acropole, Athènes


et parfois, les 3000 ans d'Histoire sont plus courts,

voire au sol...

Clichés toujours : un petit-déj de vacances

Je crois avoir déja insisté dans mes billets, sur l'importance que j'accorde au petit-déjeuner. Il me semble même avoir fait un classement des meilleurs petits-dej (je vérifierai, c'est peut-être dans un ancien blog) Le petit-dèj est de loin le repas, voire le moment le pus important de la journée (en concurrence directe avec le moment où je me mets dans mon lit...).
Et là, c'est le chemin pour s'y rendre, l'environnement, les jus de fruits qui nous ont enchantés...

D'abord, 20 m de ruelle pour descendre...

à la plage. La remonter sur environ 200m,

avant d'arriver au Juicy Beach Bar,

où nous sommes seuls.

En attendant d'être servis,

certains poursuivent leur nuit







Vacances clichées, clichés de vacances


Vacances clichées, clichés de vacances


Cette année nouveau concept de vacances :
-       Soleil et chaud pour répondre au cahier des charges d’Adèle
-       Un peu de confort : out le camping.
-       Un peu de culture, on ne se refait pas
-       De la plage, de la mer et du temps pour ne rien faire (je rappelle que c’est ce qui m’a manqué cette année)
-       Le Minotaure, à défaut sa grotte, pour Hector
Donc la Grèce.
En avion cette année, Paris-Athènes aller-retour et petit circuit dans ce pays dont les distances sont relatives (si on compare à l’Australie par exemple).

Notre premier contact avec le pays a un goût de Chine : le chauffeur de taxi ne parle pas un seul mot d’anglais et nous pas un seul de grec. Il ne lit pas non plus l’alphabet romain et donc  lui montrer l’adresse de l’hôtel dont il ne connaît pas le nom ne lui sert à rien. De la difficulté de rentrer en communication avec les autochtones.
Heureusement, iDevice à la rescousse, dans son utilisation primaire et primordiale : la version « téléphone » (tellement désuète j’en conviens) de l’accessoire intelligent de mon iMari (dans sa version 5, s’il vous plait, on n’arrêt pas le progrès). L’étonnant objet met en relation le chauffeur de taxi et la réception de l’hôtel pour nous amener à bon port. Vive la technologie moderne facteur de communicabilité entre les peuples (à défaut de communication).


Ile de Skyros

Ile de Skyros, les façades du Port

Ile de Skyros, le long de la plage

Ile de Skyros, une plage,...d'oursins

Notre maison à Galaxidi

mercredi 26 décembre 2012

Cher Père Noël, ...


Cher Père Noël,
Pour noël, je voudrais…

C’est ma sœur qui m’a demandé par SMS (on est moderne ou pas) quelle était ma liste au Père Noël.
Allons y je me suis dit, soyons créative. Mais attention c’est un peu comme dans les contes de fée : tu as droit à 3 vœux, ne pas les gaspiller, tacher de penser intelligent.

J’ai commencé par demander du temps. 

Avec du temps, je me dis que je peux tout. J’en ai cruellement manqué cette année, la preuve, très peu de billets sur ce blog et pourtant, tant de choses à dire.
Avec du temps, je vais y arriver, arriver à quoi me direz vous ?
A être (ou ne pas être) un super héros (cf. le billet précédent).
Du temps pour prendre du recul justement. Pour lire, pour jouer avec les enfants, pour cuisiner autre chose que des pâtes, pour aller au ciné, voir de expos,…
Pour respirer.
Ce qu’on a essayé de faire en décembre pour finir l’année en beauté.
Justement nous sommes allés à l’expo Edward Hopper. Du baume au cœur, du beau, du soleil, une époque, un air du temps …
J’avais réservé à l’avance, sorte de prescience entre deux vies trépidantes. Pour ne pas faire la queue et gagner du temps (tiens donc !). Il y a du monde certes, c’est Paris, c’est le « must to be seen », mais c’est possible.
Une peinture de l’attente dit le commentaire en parlant de Hopper. Moi, cela m’a fait l’impression du moment où l’on arrête d’inspirer juste avant d’expirer de nouveau. Ce bref instant, vaguement en suspens, où tout est encore possible. Un moment de calme, où l’on n'est pas en train de respirer, mais pas non plus en train de ne pas respirer.
C’est l’apesanteur sans l’apnée, l’oubli sans l’inconscience. 
C’est ça la peinture de Hopper. 
C’est une fracture infinitésimale dans l’espace temps.
Il y a une reproduction d’un tableau de Hopper à la maison, (contre)faite en Chine d’après une image reproduite depuis internet. 
Rien à voir avec l'original, ni la lumière ni l’ambiance. Mais j’ai l’esprit et je m’en réjouis.

Puis j’ai demandé des clients sympas.

C’est important, surtout quand on est consultant et qu'on ne travaille qu’avec ses clients, que pour ses clients et qu’on y passe beaucoup de temps. Au plus on les apprécie, au plus c’est agréable. Pas forcement facile, mais on n’est pas obligé de cumuler les difficultés en travaillant sur des sujets complexes avec des clients difficiles.
On en a un comme ça. Ou plutôt une. C’est une femme, le monde n’est pas parfait. 
Elle a un nom de maladie, c’était prémonitoire. Elle a un Grand Poste dans un Grand Groupe, on parle d’elle dans les médias. Elle est juste odieuse, perverse dans la relation - un cas d’école pour étudiant en psychopathologie -, et à la tête de la communication de ce Groupe où l’on se suicide beaucoup.
Les clients comme elle, violents et perturbants, sont utiles car ils nous rappellent à l’ordre, une sorte de dure réalité. On savait que le monde du travail n’était pas celui des « bisounours » et que le rendre plus humain n’était pas l’objectif de tous mais de là à imaginer qu’aller travailler peut ressembler pour certains à « Lord of the flies » (Sa majesté des mouches)… j’étais loin du compte.
L’absence de règles sociales et de régulation permet à toute une entreprise de devenir un « no man’s land », sorte de jungle humaine où les côtés sombres des individus s’expriment sans limites sous l’autocratie de leur cheffe au nom de maladie. C’est ça la réalité professionnelle de certains, les insultes en plus des incertitudes, la maltraitance verbale en plus de psychique mais un contrat social et une marque qui se prend pour du luxe dans son domaine.
C’est ce genre de client qui nous fait encore plus apprécier les autres et notre propre situation professionnelle.

Enfin j’avais une 3ème  et dernière demande au Père Noël.
Mais elle est politiquement incorrecte aussi je ne l’écrirai pas. Enfin pas politiquement mais moralement incorrecte et tout simplement irréalisable. Je n’en dirai pas plus.

Comme disait Germain ce matin « il en manque au pied du sapin, y a pas toute ma liste ».
Mais une part de ma liste est à ma main, j’y œuvre en 2013.





mardi 25 décembre 2012

Le jour où...


Le jour où…

J’ai fait de pâtes avec un œuf au plat un mercredi midi aux enfants, je me suis dit que quelque chose clochait.

D’autant plus qu’il avait été précédé d’un jour où j’ai envoyé du bureau un mail à ma fille (de 9 ans !) et suivi d’un jour où je me suis retrouvée au bord des larmes un vendredi soir à 17h parce que se profilait une réunion boulot le dimanche en fin d’après midi.

Signes qui ne trompent pas.

Ce n’est plus tout à fait moi cette personne qui communique par mail avec ses enfants, ne leur fait plus 5 fruits et légumes par jour et se met dans tous ces états pour du boulot le week end.
C’était la fin de la super woman.

Le jour où je me suis rendue compte que je n’étais pas un super héros.
J’y avais cru, comme tout le monde. La réalité se rappelait à moi.

Je ne peux pas travailler tous les jours comme une tarée, rentrer, diner, coucher les enfants et retravailler jusqu’à tomber de sommeil sur mon mac, avoir les traces des touches sur les joues, le mercredi trimballer les enfants à la natation, au sport, à la musique aux arts plastiques, les attendre en travaillant avec mon mac sur les genoux (c’est pour ça qu’on les appelle des laptops), se faire un diner boulot le soir, rentrer fatiguée et un peu saoûle,
assumer une formation pour devenir coach, lire la littérature ad hoc, en tirer la substantifique moelle, être brillante en mise en situation, bien accompagner ma coachée, en faire un mémoire digne de ce nom,
être tout le temps intelligente, voir ce que mes clients ne voient pas, comprendre leurs besoins avant eux et gagner toutes les propositions commerciales que j’écris, être sympa avec mes collègues, faire grandir les plus jeunes et challenger les autres, ne jamais baisser la garder sur l’exigence de qualité,
être une mère attentive tous les jours, cuisiner des légumes tous les jours avec de la viande bio, faire en sorte qu’Hector n’ait jamais de pantalon trop court, Adèle toujours un manteau à sa taille et Germain des bonnes chaussures au pied,…

Je ne peux pas mener 3 vies en même temps.
Je ne peux pas vivre chacune des 3 vies à 200% et être parfaite das chacune d’elles.

Alors…
Alors les enfants ont déjeuner oeufs au plat –pâtes un mercredi, j’ai refusé une mission pourtant intéressante, et je n’ai pas lu toute la bibliographie du parfait coach.

Renoncer ça s’appelle.
Et c’est dur croyez moi.

Ca l’est moins quand on a fait plusieurs nuit de 12h, qu’on a passé une journée sur un canapé à lire un bon livre après l’avoir entamé dans un bain.
Quand on a pris un peu de temps pour soi et on voit les choses avec plus de recul. Finalement œufs au plat-pâtes ce n’est pas si grave, les enfants ont adoré.
Des missions intéressantes, je n’en manque pas, et cette certification de coach je l’aurai.

Le plus dur, c’est juste de ne pas être un super héros.

samedi 6 octobre 2012

Si ce n'est pas le bonheur,...


En France, le paradis se trouve au sud, à la fondation Maeght.
Au Danemark, il se trouve à la Fondation Louisiana.

C’est une (bonne) copine qui m’avait conseillé d’y aller. On mesure la Bonté des cop(a)ines aux bons plans qu’ils vous révèlent.
Celui-là en est un extraordinaire.

Si j’étais une statue : je serai « l’homme qui marche » de Giacometti.
Si j’étais une sculpture je serai une Max Ernst
Si j’étais dans le vent, je serai un pendule de Calder
Si j’etais une rondeur (pas de commentaire !) je serai une Henry Moore
Si j’étais…. Je serai à la fondation Louisiana

On imagine une très belle propriété avec un grand jardin, ouvert sur la mer. Sur la Baltique, certes, mais tout de même la mer.
On imagine une maison à la Frank Lloyd Wright étendue autour d’une ancienne bâtisse en bois blanc. On imagine un parc parsemé de sculpture, qu’on peut toucher, caresser, photographier à l’envie.
On s’imagine flâner là, la mer en toile de fond. On traine au café, sur la terrasse que domine des Calder. Puis le ciel se fonce, l’horizon se fâche (nous sommes toujours à Copenhague avec cette étrange météo), tout est noir, il est minuit en pleine après-midi. On boit un café, un chocolat derrière une baie vitrée entre l’orage sur les Calder qui dominent la Baltique et le pouce de César derrière notre table.






C’est un lieu porteur, c’est un lieu qui met en scène l’art moderne, qui le rend beau, palpable presque incarné.
Rien que pour ça, je suis contente d’être allée en Scandinavie cet été, d’avoir ignoré chaleur, soleil et ciel bleu (et de le regretter maintenant).
Si ce n’est pas le bonheur, ça y ressemble un peu.