samedi 19 avril 2014

Demain, nous serons tous européens - Bruxelles#2


L’Europe, un espoir pour demain ?
Est-ce du ciel bleu pour nous ? Ou juste une illusion ?

On parle en France de réduire le millefeuille administratif: de la commune à la région en passant par le syndicat de commune et le département, il y a trop de beurre dans le millefeuille.
Nos enfants seront-ils européens avant d’être français ?
Pourquoi pas, finalement.
« Think global, act local », tel est le crédo aujourd’hui.
L’Europe pourrait être notre « global » de demain et la France notre « local ». Ou bien déjà l’Europe est-elle déjà notre local, dans ce cas dans quelle case met-on le Starbucks ?

Nous n’avons pas croisé de Strabucks à Bruxelles. Ils ont déjà colonisé Paris et quadrillé Tokyo. Epargner Bruxelles me semble un honnête tribu à la mondialisation.
En revanche, on trouve des « Exki » à tout les coins de rue, normal c’est du local et c’est du bon, du frais, du bio, et pas très cher. L’alternative locale aux frites vendues au coin de la rue, où même « traditionnelles à la graisse de bœuf » j’ai du mal à croire que les pommes de terre aient été épluchées le matin.
Pour information, il y en a un à Montparnasse, pas loin du Starbucks d’ailleurs.
C’est ça l’Europe : Exki côtoie le Starbucks à Paris.


Et que dire de ces femmes voilées, de la tête au pied, en noir, s’il vous plait ? C’est local ou global ?
Je suis perturbée par le phénomène à Bruxelles, elles sont bien plus nombreuses que chez nous, bien plus voyantes aussi.
Tout ce noir ça se voit sur fond de drapeaux bleus, les 27 pour ne rien oublier et quand Belga com s’y met aussi, on en sait plus où donner de la tête.

Deuxième jour de lecture, j’attaque un polar emprunté à la Médiathèque de Gentilly (où razzia a été faite en plus du Furet du Nord). Je vous épargnerai, et le titre et l’auteur, j’ai tout oublié. L’histoire était longuette, sans intérêt et prévisible, bien écrit cependant. 
C’est la littérature en pente douce ou la mondialisation en pente douce (il était traduit du Starbucks)?



vendredi 18 avril 2014

Les vacances en pente douce, Bruxelles #1


Les vacances, même une seule semaine, c’est la quête du Graal enfin aboutie, le Nirvana sans Kurt, l’accomplissement du Karma avant les 7 vies,…
C’est juste la pente douce dans laquelle on se laisse filer, le petit chemin de sable qui descend auquel on ne résiste pas, genre la pomme d’Eve avant Adam.

Une semaine à Pâques, je passe donc au Furet du Nord avant (c’est une succursale de la mythique librairie lilloise, à 10 mn à pied de chez nous). Et c’est un instant de bonheur absolu pour chacun de nous 5, puisque tout le monde peut s’acheter de la lecture : c’est « open bar », ou presque, open book pour être précise. Résultat on y laisse pour 141,65 euros, pour poursuivre dans la précision.
La « pente douce » commence tout doucement : on prend le Thalys de 9h15, un dimanche. On a donc mis le réveil, pour ceux qui suivent. Un dimanche, c’est un crime, nous sommes d’accord.
Il n’empêche, c’est la première classe, et on a droit à un petit déj’ servi à la place. Notre dernier s’enfile un sandwich au fromage, avec des noix, il est ravi. Les autres se contentent d’un chocolat chaud avec un croissant, ils sont plus traditionnels.

J’attaque de bon matin dans le train de 9h15 à Gare du Nord, le dernier Anna Gavalda « la vie en mieux ». Je n’ai rien à dire sur Anna Gavalda. Je sais que parmi vous, certains la décrient, d’autre l’apprécient et beaucoup la honnissent.
Anna Gavalda : on sait ce qu’on va trouver et en deux heures c’est plié. C’est dégoulinant de bonnes intentions et de bons sentiments. C’est bien écrit. Ca a l’air facile comme écriture, détrompez-vous, c’est recherché, calculé, pensé et pesé jusque dans la moindre virgule.
C’est de l’espoir en barre, en lignes, en mots, en pages.
C’est croire en l’Humanité.
Et c’est déjà pas mal.
Elle décortique les relations et les émotions sans qu’on s’en rende compte, et même si la fin est prévisible (toujours), elle donne espoir dans la candeur, dans la grandeur d’âme, celle des gens, de nos concitoyens, de nos voisins, de nos copains, de nos collègues, … la nôtre.
Et ce n’est pas rien.

Arrivée à Bruxelles, le livre est déjà bien entamé, la soirée finira de l’achever. Je poursuis avec Elle (oui, le magazine, je vous ai dit que c’était « la pente douce »).
Les magazines féminins… qu’y a t-il à dire dessus ? J’en fais le tour régulièrement : Marie Claire, Cosmo(politain), Be, … et Elle est probablement celui qui tient le mieux la route. C’est à dire,… pas une route de montagne tortueuse, avec des nids de poule, non juste une bonne nationale en Beauce : plate et toute droite.
C’est ce que je lis quand je n’ai pas envie de lire. Et d’ailleurs je ne retiens presque rien.
Le seul truc que j’ai retenu c’est que APC (la fameuse marque de fringues rive gauche) fait faire ses jeans au Japon sur des anciennes machines à tisser (r)achetées aux Américains après guerre. Ce qui en fait des jeans « genuine » à tout point de vue et totalement « globalisés ». Information à tout point de vue utile, car dans ma boite de conseil très Bobo, il y en a un qui n’achète ses jeans que là, et je ne savais pas la marque, j’étais juste dotée de l’indice qu’ils venaient du Japon tissés sur les antiques machines originelles des « blue jeans » (comme disait ma grand-mère).
Maintenant, grâce à Elle, j’en connais la marque. Je peux désormais parler d’égale à égal avec mon collègue aux jeans « so hype ».
Il y avait aussi l’édito sur le mariage, dont j’ai gardé la page pour ma collègue qui se marie courant mai et que l’évènement rend complètement frantic (pour une définition précise du mot, (re)voir le film de Polanski).

Pour compléter la soirée, je regarde sur l’iPad « Casse-tête chinois » de Klapish.
Je me suis reconnue dans « L’auberge espagnole », moi qui grâce à Erasmus (enfin ses bourses, version sonnantes et trébuchantes) ai passé une année à Leeds.
Il avant commencé à me semer avec « les poupées russes » et il m'a définitivement perdue avec ce dernier volet de la trilogie.
Un navet. Ni crédible, ni joli, ni divertissant.
Jusqu’au bout, je me suis demandée si j’allais le regarder jusqu’au bout. Mais on ne peut parler des choses que si on a tenu jusqu'à bout, non ?
Romain Duris est décidément comme Audrey Tautou, il ne sait jouer qu’un seul rôle. Audrey restera Amélie Poulain toute sa vie, et lui l’adolescent attardé de « l ’auberge espagnole » ou du « Péril jeune » au choix. Et ce, malgré le fait qu’il dise à plusieurs reprises dans le film « on a 40 ans, merde ! ».
Oui, et donc ?

Cédric*: qu’es-tu donc devenu depuis « Chacun cherche son chat » ?
Moi qui travaille désormais dans le 11ème, je cherche encore dans ce quartier les traces de l’ancien (à défaut du chat) : celui du temps de l’Archipel (qui se souvient de ce bar qui donnait des concerts dans son sous-sol ?) et de « la Table de Claire » au fond d’une presque impasse ou des hangars à peine aménagés où on allait écouter les platines d’ Anne Clarck au premier festival « les femmes s’en mêlent ».

C’était la première journée des vacances en pente douce. Je ne saurai être honnête en vous cachant que le repas de midi fut « moules-frites », gaufre achetée dans la rue au goûter et Gueuse à l’apéro avec une tartine de fromage blanc dans un estaminet qui se nomme « A la Bécasse » (non, je ne me sens pas concernée !).
Il faut savoir apprécier le bio dans la soupe quotidienne, les Inrocks en lecture table de nuit et « les enjeux psychiques du travail » écrit par une éminente chercheuse du CNAM entre les deux.


* Klapish




mercredi 2 avril 2014

My secret life



Ce n’est évidemment pas de ça dont je vais vous parler, sinon elle n’aurait plus rien de secret. Et ça ressemblerait à quelque chose comme « le jour où je suis devenue agent secret » …
Une partie de ma vie qui n’a rien de secret - si ce n’est le fait que ça se passe depuis l’alcôve de mon lit - est que je regarde des films, des séries, et que je lis beaucoup. Je suis une femme à histoires comme dit mon iMari.
J’aime la vie des gens, j’aime les histoires : en lignes, en images, en long ou découpées, je m’en lasse rarement.

Et il y en a une que j’ai envie de partager avec vous.
C’est un film. Je ne suis pas sûre qu’il mérite Oscar ou autre consécration cinématographique mais il mérite sûrement que vous vous y attardiez.

D’abord il est beau : tous les plans, le moindre cadrage est digne d’un Depardon, Cartier-Bresson, Riboud, voire Martin Parr parfois pour les couleurs. En cherchant, ce n’est pas le premier venu, il s’appelle Stuart Dryburgh, est néo zélandais, et était déjà le « cinematographer » de « la leçon de piano ».

Ensuite il parle du magazine Life - de la fin du magazine Life – si elle s’était faite de nos jours et pas il y a plus de 7 ans maintenant. Et donc il parle de photos, de photoreportage, et de la vie et du monde vue en images. Une forme de réflexivité.

Ce film est une poésie. L’histoire est aussi douce qu’un rêve. Les images en rythme les vers. La musique en fait les rimes.
Il est encourageant sans être nian-nian, résilient sans trop de bonnes intentions. Il distribue de la douceur sans les sucreries qui donnent des caries.

Il nous donne l’occasion de (re)découvrir de bons trucs : qui se souvient de « Ground control to major Tom… » -1972, de (re)visiter quelques Jack Johnson, et faire la connaissance (pour ma part) de quelques nouveaux artistes sans nom d'artistes.

Enfin, il se percute avec une phrase que j’ai lu récemment « toute ma vie, ce que je suis est devant moi ».
C’est peut être ça notre « secret life » : la partie de nous qui est devant nous.
Le nous en devenir, celui que nous avons en germe, que nous couvons, secrètement,  précieusement et qui un jour éclôt.

The secret life of Walter Mitty.









mercredi 26 mars 2014

Sex and the office


On ne vit pas dans une série télé, je le sais. Je m’en rends compte tous les jours, à mon grand désarroi parfois, car quoi qu’il arrive, les héroïnes de séries s’en sortent grandies. Moi… pas vraiment, pas (assez) souvent.
Et d’autres non plus apparemment.

J’interviens dans un Groupe Français, très français, pas très petit, très caricatural : un Directeur Général la soixantaine bien portante qu’il entretient en venant en vélo délaissant son chauffeur, 5 Directeurs Généraux ventripotents, sauf le plus jeune qui a aborde la cinquantaine avec juste des poignées d’amour qui vont avec son nom d’aristocrate, 15 directeurs-tout-court et enfin, à ce niveau-là quatre femmes.

C’est un Groupe Français dans lequel on fait carrière, on y est bien traité, bien français (agapes et bonne chair), pas un mot d’anglicisme dans le vocabulaire ce qui les a bien dérangés quand ils ont reçu le label « Top Employer » qu’ils n’ont pas pu francisé.
Et donc après « bonne bouffe, bon vin… » qu’est-ce qui vient dans le paysage français ?
Le cul, en français.
Sex @ the office.

Ceux qui savent compter : 4 femmes, 17 hommes, combien de possibilités ?
Je précise que c’est « vieille France » donc pas de threesome, ni de relation homosexuelle : en somme c’est comme dans Mad Men, juste de la bonne vieille adultère très classique, de l’homme de pouvoir qui couche, et de la femme qui assure son ascension sociale : promotion canapé on appelait cela chez nous, avant (avant vraiment ?).

Là où les choses se compliquent dans mon affaire, c’est quand la femme résiste au Tout-puissant, et choisit de coucher avec un des Saints plutôt qu’avec Dieu.
Si Dieu était Dieu, il serait magnanime et pardonnerait volontiers, en choisirait peut-être une autre, et serait heureux du bonheur de ces deux-là.
Mais Dieu est humain, donc jaloux et rancunier, et comme il est puissant, il peut nuire, et il choisit de le faire à petit feu.

Dois-je préciser qu’en dehors du bureau, tout ce petit monde est marié ? Avec enfants et pas divorcé.

A un moment cela devient triste : la femme du Saint choisit d’écrire une lettre, digne paraît-il, à Dieu pour dénoncer, expliquer, signifier, souligner… quoi au juste l’amour ? l’adultère ? la relation ? la douleur ? le non-professionnalisme ? …la situation que son (encore) mari entretient avec une de ces collaboratrices directes. Elle donne les noms de tout le monde dans cette lettre, qu’elle imagine destinée à Dieu exclusivement. 

« Madame, avez vous oublié comment fonctionne une entreprise ?
Tout ce qui est censé être confidentiel est largement publique (et l’inverse est aussi vrai). Je connaissais, moi, la liaison de votre mari avant même de l’avoir rencontré lui, ou sa collaboratrice. »

Dans le contexte où le Groupe Français se rapproche d’une autre Grand Groupe Français pour faire un Très Grand Groupe Français, une telle histoire si elle était reprise par les médias ou les syndicats déstabiliserait peut-être Dieu pour ne pas avoir supprimé les pommes de son jardin, en tout cas ses Saints qui ne résistent pas à les manger.

Si elle était unique dans ce Groupe Français, cette histoire s’apparenterait à une histoire d’amour contrariée, et on pourrait en faire un conte dramatique (ou une tarte aux pommes).
Malheureusement elle est commune, elle illustre juste la culture de ce Groupe très Français : « un vrai terrain de chasse » disent certains. Et je vous le concède, le propos est effrayant.

En bonne rationnelle, je me dis que s’il y avait plus de femmes dans ce comité de Direction, on multiplierait les possibilités, on diminuerait ainsi la probabilité d’occurrence du triangle amoureux : s’il y a plus de femmes, plus de choix donc plus de chances de trouver la bonne compagne d’adultère plutôt que de tous miser sur la même.

Voilà encore un argument pour plus d’équilibre homme-femme dans les classes dirigeantes.