dimanche 21 janvier 2018

To be or not to be a hero

Détail d'une oeuvre de la Biennale de Lyon

J'y suis allée.
Je vous l'avais annoncé. J'y suis allée.
Au théâtre des Mathurins, un lundi soir à 18h30, à la sortie d'un entretien pas facile avec une manager en difficulté. Alors qu'il pleuvait et qu'il faisait très froid.
Je me suis retrouvée avec un public de 3ème âge, Je n'étais pas loin d'être la plus jeune. Ce sont des retraités qui viennent à ces conférences.
Je suis allée écouter Sylvain Tesson, le voir en vrai.
Je le savais, j'aime mieux ses écrits que l'homme. J'ai un peu du mal avec sa voix, trop aiguë à mon goût. Je fonds pour les voix graves et profondes, il n'est pas dans cette catégorie.
Il n'est pas très alerte depuis son accident, ni très sexy: il porte un beret, comme un vieux montagnard. Il ne ressemble pas à l'idée que je me fais d'un aventurier, pas très "wild" dans son attitude.
Peu importe, je peux écouter tout cela les yeux fermés. Ca n'enlève rien à ce qu'il dit. Un peu moins de mystère et de fantasme, ça ramène les pieds sur terre (et dans le froid).

L'héroïsme peut-il sauver le Monde?
Le titre, le thème de son intervention.
Si la réponse était oui, on serait chez Marvel, inutile de venir jusqu'au théâtre des Mathurins. Vous vous doutez que ce n'est pas aussi simple.
La surenchère de l'exploit. 
Et la vision du héros à travers les temps : Homère quand la force ne suffisait pas, il fallait aussi être beau et intelligent. 
Puis Voltaire où il suffit de passer à l'Histoire.
J'aime quand on cite côte à côte Hannah Arendt (que je n'ai pas lu), Lermontov et Soljenistyne, et qu'on parle de l'IA (intelligence artificielle) dans le même paragraphe
Le héros d'aujourd'hui est celui qui suscite la compassion. Je déteste cette idée d'ailleurs. Je préfère mourir que de susciter la compassion. Je n'aime pas le mot.

Le héros de demain est celui qui se sacrifie pour autre chose que lui-même, pour ce qui n'est pas humain. Pour des bêtes, pour la Planète. (Sylavin est un ami de Nicolas Hulot?)

D'après Sylvain Tesson, le héros de notre temps est celui

  • qui résiste au désespoir
  • qui s'évertue à maintenir la beauté du Verbe
  • et qui s'oppose à la dictature des machines.
En 2018,  je travaille à être un héros selon Tesson, je tacherai d'aller travailler et de voir dans chaque jour de quoi me lever le lendemain, je continuerai de lire et relire des belles phrases et ne dirai j'aimais "je kiffe", enfin je ne paierai pas avec l'Apple Pay ni n'installerai des volets électriques.



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