dimanche 8 juillet 2018

Regarder passer l'été #1



Ca commence ici :

En se baladant au pied des falaises (malgré l'arrêté municipal qui l'interdit)
Ca permet de ne pas se trainer les "baleines" en claquettes et chaussettes de sport, affublés de cavaliers en survêtement aussi en claquettes de piscine mais avec des chaussettes blanches.

Le tour dure deux bonnes heures, acrobatiques en bas de falaises, échelles de corde et via ferrata (sans la ligne de vie), échelle tout court rongées par les marées, eslcades sur les roches, glissages sur les algues.

Nous sommes seuls dans la lumiere de fin de journée, la marée descend, entre mer et calcaire, crapahutant dans les galets.

Le retour par le haut, le long du Golf, la vue n'est que pour nous c'est l'heure du diner, ils sont tous attablés.
Restaurant du soir face au coucher du soleil, il est tard, nous n'avons pas de voisins de table et nos fruits de mer nous régalent.

Au petit déjeuner, à la chambre d'hôtes on se retrouve avec deux jeunes femmes voilées. Elles ont atterri là en cherchant quoi faire pas loin de Paris mais ne connaissaient pas, trouvent l'endroit merveilleux et sont d'une politesse excessive. Elles n'avaient jamais lu "L'aiguille creuse" d'Arsène Lupin, ni acheter de calendrier des PTT. Nous vivons dans le même pays, mais pas dans la même vie.
Viennoiseries au menu, croissant et de la brioche dormance, "avec plus de beurre quelles croissants" nous dit Marie Louise (notre hôte). Comment est)ce encore possible?

Le clos Lupin nous donne envie de relire l'aiguille creuse (en BD cette fois) et de voir les vieux films d'Arsene Lupin (de Yves Robert avec Brialy et Cassel - le père pas le fils).












Avant de se perdre dans le (petit) jardin d'Etretat où des artistes essaient des concepts pas toujours réussi (le projet "etraigner un arbre" par exemple, me laisse dubitatif, ou la sculpture gonflable en plastique rose - non montrée ici tellement c'était...).














Excellent chocolatier au passage, et la promenade est un spectacle à part entière.




Regarder passer l'été

le marronnier du parc en face

C'est mon programme pour l'été 2018.
Je ne veux pas me retrouver en septembre et me dire que je n'ai pas vu passer l'été, encore une fois.
Je veux en profiter, faire des choses, avoir chaud, prendre le temps de tout, prendre le temps c'est tout.

Ca commence avec le mois de juillet et ça se finir la 31 août, et j'aurai vu, bien vu les deux mois de l'année que je préfère.
L'idéal aurait été de ne pas travailler, prendre deux mois de vacances. Je ne suis pas prof, cette option n'est pas pour moi.
Prendre 6 semaines, j'y ai pensé, ce n'est pas impossible, juste un peu compliqué de dire à ses clients : "alors on se retrouve en septembre?".

Le résultat de mes intenses réflexions allie

  • travailler moins, c'est à dire des week-ends de 3 jours tout le mois de juillet et des semaines de 4 jours alléger (l'idée n'est pas de faire entrer la charge de travail de 5 jours en 4, c'est déjà ce que je fais le reste de l'année...)
  • voyager autant que possible, des week ends en train (pour ne pas se faire les bouchons, les aires d'autoroute, les kilomètres de climatisation...)
  • voir de belles choses pour se laver les yeux, se nourrir l'esprit, 
  • bouger pour se sentir vivant, courir, marcher, nager (si l'eau n'est pas trop froide)
  • trainer aux terrasses : la mienne, celles de Paris, celles d'ailleurs, boire des Spritz, des Mojitos, dire des bêtises et regarder passer les gens
Et c'est parti!






oh! James

James Nachtwey

"En montrant ce qui se passe vraiment sur le terrain, loin des sphères du pouvoir, des photos peuvent couper court aux phrases déshumanisantes confectionnées par des politiciens pour nous éloigner de la réalité.
Le terme "nettoyage ethnique" n'est qu'un euphémisme pour faire croire que les conditions de génocide - attaques contre les populations civiles, enlèvements, meurtres, viols, expulsions - sont décentes. Parler de "bottes sur le terrain est une pure abstraction, comme si envoyer des milliers de jeunes à la guerre perdre bras et jambes, être totalement défigurés, tuer et mourir n'était q'une question de cadence et de chaussures solides. 
L'expression "dommage collatéral" laisse entendre que la mort injustifiée de civils - enfants, personnes âgées, familles - n'a pas plus d'importance quu'n défaut de paiement. Des images nous amènent à voir au-déla de ces discours manipulateurs, servent de référence permanente contre l'hypocrisie et les demi vérités." 
James Nachtwey 

En ce moment à la MEP, une retrospective lui est consacrée, sur deux étages.
Frappante.
Déstabilisante.
Engageante, à me dire que j'aurais du faire un autre métier, plus utile, plus impliquant.

Je me demande comment à 70 ans il supporte encore le monde, ou même juste comment il arrive à dormir la nuit.

Conflit au Rwanda


samedi 7 juillet 2018

Vivre dans les hautes lumières



C'était dans une autre vie,
celle qui précédait les lourdes décisions,
juste après les diplômes obtenus sans forcer
et les premiers romans écrits sans succès.
un de ces moments, qui occupaient sans doute
plusieurs chapitres das un livre si seulement
quelqu'un avait la patience,
et l'envie de l'écrire.
Tu venais d'arriver dans mon désir à la manière d'un voyageur
qui se trompe de quai ;
quelque chose de plus grand que nous-mêmes,
que tu nommais
"le hasard malin comme une signe et beau comme un homme"
nous rapprochait silencieusement, sa main te poussait
vers moi,
je n'y comprenais rien mais j'avais,
à cette époque,
des échardes dans le coeur ; ta bouche
longue, pincée, n'hésitait pas,
telle une épingle, à les retirer une à une
d'un coup sec et violent.
(...)

Les ronces - Cécile Coulon


samedi 2 juin 2018

Quand vient LA question

Le Fontainebleau qu'on aime à 10 ans


18 mai, il n'est même pas encore 8h.
Et là j'ai LA question. 
Celle à laquelle je vais devoir répondre de nombreuses fois encore.
Celle où je vais devoir dire Non, trop souvent.
Celle où il pourrait, il en est capable, savoir seul ce qu'il faut faire, sans me le demander TOUS les matins.
18 mai, c'est tôt dans l'année. 
Si j'osais que compterais le nombre de NON, que je fais devoir dire.

"Non tu ne peux pas mettre un short pour aller à l'école, la météo ne le permet pas."
Jusqu'à la fin de l'année scolaire, après je lâche l'affaire.
Cette semaine, il fait beau.
Et j'ai pu dire oui!

C'est le même qui me dit le soir "ça s'annonce bien pour ma belle moustache! Quand je touche là, je sens un petit duvet". 
Il rêve d'une grande moustache, des belles bacchantes, fournies pas comme celles de Dali, arrondies, abondantes, presque envahissantes. 
Il y pense le soir en se couchant et vérifie que ça pousse bien.
Je n'ai pas osé lui dire que s'il avait la pilosité de son père, ce serait compromis.
Je ne sais pas où il va chercher ses idées.

Il a eu 10 ans et se réjouit qu'avec la dizaine il soit possible de monter devant dans la voiture.
Il a eu 10 ans et a vérifié s'il sentait mauvais sous les bras : "c'est à 10 ans qu'on doit mettre du déodorant?"
Il a eu 10 ans et pique le parfum de son frère, il essaie de le faire discrètement mais en met quelques sprays de trop
Il a eu 10 et s'est demandé s'il devait ranger ses legos, s'est dit qu'il allait les garder pour construire avec les legos techniques.
Il a eu 10 ans et fait le malin dans sa veste en jean.
Il a eu 10 ans et dort encore avec son doudou.

Il a eu 10 ans et je n'ai plus que des adolescents.

lundi 21 mai 2018

Ame sensible s'abstenir #2

Atelier des lumières - expo Klimt


"Récemment, il s'était demandé si la dépendance était une si mauvaise chose. Il tirait du plaisir à ses relations  amicales, et il ne faisait de mal à personne, alors qui se fichait de savoir  si cela relevait de la dépendance ou pas? Et de toute façon, en quoi une relation amicale était-elle plus dépendante qu'une relation amoureuse? Pourquoi considérer l'amitié admirable à vingt-six ans, mais suspecte à trente-six? Pourquoi l'amitié valait-elle moins qu'une relation amoureuse? Pourquoi ne valait-elle pas plus même? Elle consultait en ce que deux personnes demeuraient ensemble, jour après jour, liées non pas par le sexe ou l'attirance physique, par l'argent ou la propreté commune, mais seulement par un accord partagé  de continuer, une dévoument mutuel vers une union qui ne pourrait jamais être codifiée. L'amitié comprenait d'être témoin d'un long écoulement des malheurs d'un autre, ainsi que de longues périodes d'ennui, et d'occasionnels triomphes. Elle consistait à se sentir honoré du privilège d'être présent pour quelqu'un dans ses moments les plus sombres er de savoir qu'on pouvait en retour se sentir déprimé en compagnie de cette même personne."

Une vie comme les autres  - Hanya Yanagihara

Comptons-nos amis avec cette définition : combien en reste-t-il ?
En quoi la définition de l'amour est-elle foncièrement différente - si ce n'est le sexe ?


Ame sensible s'abstenir #1



"Mon principal problème, c'était le manque de patience, mon incapacité à accepter l'ennui. Je m'éloignais pour chercher quelque chose à lire et oubliais que j'avais abandonné le risotto qui se transformât, du coup en une masse collante, ou bien j'oubliais de retourner les carottes dans leur flaque d'huile er revenais pour découvrir qu'elles étaient carbonisées au fond de leur poêle. Une grande partie de la cuisine, semblait-il, consistait à dorloter, baigner, surveiller, tourner et retourner, et tempérer : exigences que j'associais pour ma part à la petite enfance humaine. Mon autre problème m'a t-on dit, c'était mon insistance à vouloir innover, ce qui constitue, apparemment, un échec en pâtisserie."

Une vie comme les autres - Hanya Yanagihara

J'ai souri, presque ri à ce passage, au milieu de mes larmes. 
J'ai du pleurer les 100 dernières pages du livre. Et a plusieurs autres endroits des 800 et quelques pages que compte ce roman.
Il commence doucement, avec un goût de déjà-vu, avec ces 4 amis qui arrivent à New York pour l'Université et qui n'en sont qu'au début leur jeunesse, avec tous leurs espoirs devant, y compris celui d'être quelqu'un d'autre.
Mais ça change rapidement de direction(s), le récit devient les montagnes russes des émotions. Certains passages sont insoutenables à lire, un critique en a d'ailleurs fustigé "l'inutile violence". Je ne sais pas si c'est inutile, mais c'est extrêmement impliquant, difficile, insupportable. Il m'a fallu, par moment, le poser puis y revenir. 
J'en ai rêvé la nuit, abandonné Netflix et ses séries addictives pendant une semaine, y ai pensé le jour comme à des gens réels que je retrouvais le soir, même.

This is not a "feel good book", mais il est d'un tel réalisme, décrivant l'indispensable et l'intolérable des besoins humains de contact et d'amour, rendant la vie finalement juste précieuse. 

mardi 8 mai 2018

Que changer?

Violet de Mai sur notre façade

"Certaines personnes veulent changer le monde, d'autres leur compagnon ou leurs amis.
Moi j'aimerais changer Dieu. Ca, ce serait vraiment formidable. Est ce que tout le monde n'en profiterait pas?"

Trois filles d'Eve - Elif Shafak


dimanche 8 avril 2018

Un poème qui venait du froid

enfin, le printemps

Si j'existe, alors je suis une trace
ou des pas sur le sable
ou un fleuve
qui ne parvient pas
à atteindre la mère tout entier
ou la faim
de quelque chose qui
ne pousse nulle part

En réalité je suis un chemin
mais je ne sais pas qui me parcourt
ni où je conduis
je n'en ai pas besoin

Fais de moi un oiseau
façonne-moi de tes deuxmains
un beau bec et des ailes solides
puis laisse-moi m'envoler
pour que je puisse
environ une fois par semaine
venir me poser sur ton épaule
le regard fatigué

Aucun chemin ne conduit jusqu'à toi
dans un autre monde possible
nous ne sommes qu'une seule phrase

Triin Soomets (Estonie)

Mini série #3 pour les oreilles

à mettre dans vos écouteurs, playlists, sur Deezer (conglomérat Américain-Russo-Saoudien : un vrai plaisir, et oui ce n'est plus sous actionnariat français) ou Spotify (suédois), ou Apple ou...any!

Comme me disait une collègue (pas très iCollègue, plutôt oldschool collegue) : "tu choisis ta musique en fonction du nom des groupes?"
Oui et ça fait le programme du week-end.


The war on drugs -
leur dernier album "a deeper understanding" et commencer avec le titre "thinking of a place"

"I'm moving through the dark

Of a long black night
Just moving with the moon
And the light it shines
And I'm thinking of a place
And it feels so very real
Just moving through the dark"

Ces histoires de place (dans le bus, sur le banc, dans la famille, au boulot...)  c'est parfois l'histoire d'une vie, là ça dure un peu plus de 4 minutes et ça emporte.

Cigarette after sex 


leur unique album du même nom et commencer avec le premier titre "K" et n'hésitez pas à l"écouter juste avant la cigarette justement.




Charlotte Cardin
l'album Main Girl, c'est une Québécoise, elle chante en anglais et deux chanson en français.
"Dirty dirty" pour les anglophiles et "tu te faufiles" pour les francophiles (vous êtes tous francophones)

vendredi 23 mars 2018

Regarder, d'abord

vu de notre temps

« Quand (on) connaît le nom d’une chose, (on)pense tout savoir à son sujet et (on)ne regarde plus. Mais un nom ne veut rien dire, et affirmer que tu connais le nom de quelque chose revient à avouer que tu ne sais rien, moins que rien. (…)
Ne pense jamais que le nom est la chose, car il n’y a que la chose qui existe, les noms ne sont que des pièges pour t’aider à t’en souvenir. »


My absolute darling – Gabriel Tallent